JOUBAC ALTISURFACE

Mardi 5 avril 2022

L'altisurface du Taus de Joubac 1069m

8,8km. Dénivelé + cumulé 480m

 

Une piste d''atterrissage sur le sommet de la montagne de Joubac et un panorama superbe de bout en bout au menu de ce mardi ! Grand ciel bleu au village d'Aleu, 720m, une quinzaine de km après Saint-Girons sur la route de Massat, un village exposé plein sud avec pour toile de fond le Mont Valier et le Cap de Bouirex.

Départ à 10h30, avec une grimpette dans le village. Une petite route que le chasse-neige a dégagée il y a trois jours monte ensuite en douceur vers le Taus, le dôme qui surplombe le village : de larges lacets ensoleillés, où le panorama va s’élargir progressivement ...

Cette petite route devient piste de terre au bout d'une heure de marche et un dernier virage vous hisse sur la croupe de l’altisurface d’Aleu-Joubac, dédié à la mémoire d’Alain Mirouze, un pilote amateur d’Aleu qui l'a aménagé dans les années 80 avec des jeunes du pays. Pas longue et donc très technique, la piste d'atterrissage ! La pente participe heureusement au freinage et au re décollage des avions... Il paraît qu'un véhicule 4X4 s'est un jour permis de l'emprunter !

Allez, comme les avions, on la remonte vers le manche à air supérieur, appelé biroute dans le jargon de l’aéronautique. Un petit quart d'heure et nous voilà arrivés à midi et des poussières au poteau du « Taus de Joubac  1069m », un vaste belvédère. Pique-nique au bord de l'aire de retournement des avions, face aux sommets ariégeois enneigés qui étincellent sur le bleu du ciel : Cournudère, Cagire, Crabère, Maubermé, Marterat, Certascan, pic des Trois Seigneurs encadrent le Mont Valier et le Cap de Bouirex.

Descente à 13h30, en reprenant l'itinéraire de montée plutôt qu’en boucle par la forêt glissante et le hameau de Biech. Et comme il est tôt, en bas de la piste d'atterrissage, petite extension en aller/retour sur la croupe qui mamelonne doucement jusqu'à un tuquet qui domine les villages de la vallée, Castet d'Aleu, Saint-Pierre de Soulan, Buleix... Montées et descentes en dénivelé positif cumulé de 130m.

Retour à la biroute de bas de piste et descente sur Aleu pour partager le pot sur la placette du village à 15h45. Une belle balade toute simple, panorama superbe ! Et en prime, biroutes et mamelons, remarque un joyeux luron...

Et un peu d'Histoire locale pour finir.

Le printemps 1732 fut marqué par l’affaire du vol de l'église d'Aleu : Jean Mirouze d'Infer, accusé d’avoir volé l'argent du tronc, des nappes d’autel et autres effets religieux, fut reconnu coupable après un an de procès, et condamné aux galères à perpétuité, tant les preuves étaient accablantes... Lourde condamnation pour un homme âgé de 80 ans, qui mourut sans doute aux galères… Quelle idée eut-il aussi, de faire doubler son manteau par un tailleur avec des morceaux des fameuses nappes !

Il y avait ici autrefois d’importantes carrières de pierres à faux, 1100 habitants à la fin du XIX° siècle, 130 aujourd’hui… Dans l’église Saint- Benoît d’Aleu, un passionné d’histoire locale a tenu à rendre hommage aux hommes du village morts en 1914-1918 : un panneau pour chacun, avec identité, surnom gascon, métier, bataille où il a perdu la vie…

Léopold Galy, né à  Aleu en 1908 d'une famille modeste et mort à  Toulouse en 2001, allait devenir un aviateur et pilote d'essai de renom. Contacté par Pierre Cot, ministre de l'Air du Front Populaire et pilote lui aussi , il convoie de Bilbao à Paris le « trésor » des Républicains Espagnols menacés par l'avance de Franco. Son vol étant interrompu à Toulouse par le mauvais temps, il continue seul jusqu'à Paris, en train, avec les quatre valises. Puis il assure des missions régulières entre la France et Bilbao, assiste au bombardement de Guernica, subit plusieurs attaques et des Républicains l'extirpent de son avion abattu, une passagère morte à ses côtés.

Devenu pilote d'essai chez Dewoitine à Toulouse, il participe à la Guerre de 1940 en renseignant la Résistance par la prise de photos aériennes et devient pilote de chasse dans un groupe FFI à la Libération.

Au cours d'une carrière brillante, il bat le record du monde de vitesse en piqué à près de 900 km/h, prend en mains le deuxième prototype de la Caravelle, dont il devient l'un des meilleurs pilotes jusqu'en 1966, date de sa retraite. En juin 1965,  Youri Gagarine et sa délégation en visite au Salon Aéronautique International du Bourget se déplacent à bord d'une Caravelle qu'il pilote jusqu'aux usines de Sud-Aviation à Blagnac où se concrétise le projet Concorde ; les Soviétiques viennent tout juste de démarrer celui de leur propre supersonique, le Tupolev 144 qui présentera de singulières ressemblances avec le Concorde... Le nom de Léopold Galy a été donné en 2006 à un bâtiment de l'ENAC, l'École Nationale de l'Aviation Civile de Toulouse.

IMOHTEP, le scribe des mardis de L’ACCUEIL

Date de dernière mise à jour : 09/04/2022