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COL ET PIC DE L'ARRAING
Mardi 18 août 2026
Col (1351m) et pic de l'Arraing (1674m) en option depuis Uchentein, en vallée du Biros
Dénivelé +400 ou 710m
Direction la vallée du Biros en Ariège. 9h30 au parking d'Uchentein, 960m, une ancienne commune qui a fusionné avec celle de Les Bordes-sur-Lez, en bas dans la vallée, pour constituer la commune de Bordes-Uchentein depuis le 1er janvier 2017. Union inattendue car le village de Balacet est bien plus proche, à peine 2km par une petite route...
Col ou pic, deux vagues et deux rythmes de marche.
Départ tonique à 9h30 pour tous !... Sous-bois pentu jusqu'aux anciennes carrières de marbre, 1190m plus haut. D+250/1km pour donner une idée de la pente... Pause bien gagnée au pied de la roche entaillée qui se dresse en falaises.
Un peu de grimpette encore et cap à l'ouest en prenant un flanc montant doux dans les pelouses jusqu'à la cabane du Col de l'Arraing, 1357 m. La première vague est passée un peu avant 11h, la seconde s'arrête là une demi-heure après. Vaste panorama déjà sur les sommets du Couserans.
Deux cabanes, l'une ouverte aux randonneurs et l'autre, une petite maison à étage, plus récente et réservée au berger.
Les autres ont attaqué la croupe du pic, à coup de lacets raides mais réguliers et bien tracés dans les pelouses desséchées. Trois quarts d'heure et les voilà au sommet, 1674m, cairn et relais, 1674m. Superbe panorama encore élargi sur une dentelle de sommets au sud, Valier, Barlonguère, Mail de Bulard, Maubermé, Crabère, Paumaudé, Calabasse, Pic et col de Nédé, Cagire, Paloumère, Cournudère... Au nord, la vallée de la Bellongue qui file vers le col du Portet d'Aspet et l'infini de la plaine vers St-Girons. Par ciel très pur, on distinguerait même la plaine toulousaine...
Deux pique-niques séparés donc et retrouvailles au col à 13h45 pour attaquer ensemble la descente On ne se hisse plus, on freine sec, les cuisses s'en souviendront demain ! 15h15 au parking et en route pour le pot à Castillon-en-Couserans.
Et un peu d'histoire pour terminer !
Castillon-en-Couserans (de l'occitan castelhon/petit château) est une bourgade de 450 habitants, étalée au pied d'une butte boisée couronnée par une très belle chapelle romane bâtie sur l'emplacement d'un ancien château fort des comtes de Comminges. Très animée notamment lors du marché, elle est au carrefour de quatre vallées, Bethmale, Biros, Bellongue et Balaguères. Foires et marchés étaient très fréquentés à la bonne saison par les Espagnols venus à pied du val d’Aran ou de la vallée de la Noguera Pallaresa, fait attesté par le rapport de Louis de Froidour, Grand-maître des Forêts nommé par Colbert, lors de sa visite d’inspection dans le Couserans en 1667.
Cette vallée paisible participa activement en 1829 à la « Guerre des Demoiselles » : des bandes de paysans armés de faux, bâtons, haches et quelques pétoires, le visage noirci, une peau de mouton ou un tissu sur la tête pour ne pas être reconnus, de bien rustiques demoiselles donc, tendent la nuit des embuscades aux gardes, gendarmes et charbonniers qui les empêchent de jouir librement des forêts : le nouveau code forestier de 1827 limite en effet ramassage du bois, coupes, droit de pâture, chasse, pêche et cueillette[]. La révolte embrase vite le Castillonnais, gagne tout le sud de l’Ariège et s’étend jusqu’à Aspet et Saint Béat : les Demoiselles sèment la panique dans les campagnes ! Si bien qu’en 1831, une ordonnance supprime pour l’Ariège toutes les dispositions qui avaient enflammé la région, une amnistie générale est signée, les condamnés libérés, les poursuites judiciaires stoppées. Mais durant une trentaine d’années encore, quelques irréductibles Demoiselles vont lancer des attaques ici et là, les Ariégeois ayant le sang chaud et le cœur rétif à toute autorité… Cette révolte paysanne ne fit en fait que deux morts, une Demoiselle et un garde forestier !
L'activité des carrières d'Uchentein et de Balacet s'étendit de 1867 à 1977. Travail colossal pour l'exploitation de ce marbre beige veiné de vert ou de rouge, exporté notamment vers les États-Unis. Les blocs extraits à flanc de montagne (entre 6 et 14 tonnes) étaient descendus avec des câbles d'acier jusqu' à Balacet (dénivelé de 265m) sur des rondins de bois savonnés puis plus tard sur un chariot retenu par un câble jusqu'à Uchentein, transportés ensuite par camions à Laurens dans l'Hérault pour y être sciés et polis.
Le sol ariégeois est riche en ressources que les populations ont exploitées pendant des siècles, faisant ainsi vivre et s’installer des milliers de personnes dans les vallées. Une vie de misère pour beaucoup... L’extraction des minéraux, l’exploitation des cours d’eau via moulins ou plus tard centrales hydro-électriques, la construction de barrages, la production de papier ont fait tourner l’économie des vallées Ariégeoises jusqu’au milieu du XXème siècle.
Imohtep, le scribe des mardis de L'ACCUEIL
Date de dernière mise à jour : 23/08/2026