SOMMET D'HERBE ROUGE

18 mars 2025

La falaise de Troubat et le sommet d’Herbe Rouge en
vallée de Barousse 1052m  Dénivelé +480m   9km A/R

Option light Dénivelé +270m  6km A/R

                                               L’Herbe Rouge, un drôle de nom, rouge peut-être quand les bruyères abondantes sur ce sol calcaire colorent l’herbe rase de rose pourpre sur la crête de la falaise d’escalade de Troubat, en vallée de la Barousse.  Sur la Montagne de Gert en forme de croissant qui sépare les vallées de l'Ourse et de la Garonne d'ouest en est entre Troubat et Galié, ce sommet aride et pierreux marque l'extrémité sud-ouest tandis qu’à son extrémité nord-est se trouve le sommet de Gert, boisé et sans intérêt pour les randonneurs. L'Herbe Rouge par contre, c'est un belvédère ininterrompu, orienté au sud et donc parfait en hiver ou au printemps, et qui mériterait un bon balisage  !

                                             9h40 : Grand ciel bleu au départ à 620m d’altitude, peu avant l’entrée du village de Thèbe, côté Troubat. Une large sente monte assez vivement et s’en va rejoindre en une vingtaine de minutes et une petite centaine de mètres plus haut la route venue de Troubat qui conduit les grimpeurs au pied de la falaise et plus loin à une ancienne carrière.

Extension à gauche d'entrée, trente minutes en A/R jusqu'à la falaise, où se déroulèrent en 1986 les championnats de France d’escalade, le rocher présentant 80 voies de montée, toujours appréciées des adeptes de ce sport. Une muraille impressionnante, percée de grottes, où se plaît un troupeau de chèvres qui s'éloignent, jugeant sans doute les intrus trop bruyants... D'habitude, postées ici et là en vigies  sur les rochers et attirées par les victuailles contenues dans nos sacs à dos, elles se regroupent ensuite pour attendre les randonneurs au retour...  Il paraît qu’un éleveur du dimanche a débarqué un jour au village pour disparaître  un matin en abandonnant son  troupeau, qui vit là en toute liberté, boucs, chèvres et chevreaux…

La petite route se dégrade vite et devient piste  cabossée.

Pause banane peu avant 11h au pied d'un menhir, un énorme rocher à partir duquel la piste caillouteuse se hérisse de trous et de bosses  en grimpant plus allègrement,  toujours en balcon sur la vallée de la Barousse et l’entrée de la vallée de Luchon (un embranchement à droite descend à l'ancienne carrière, à voir au retour).

Attention quand apparaît un bout de goudron rescapé sur cette piste qui file  vers un cul de sac : un cairn vous invite à la quitter pour attaquer la croupe à gauche, herbe rase et cailloux, où s’étire le ruban des randonneurs et qui vous hisse enfin au sommet, sur la crête ourlée d’arbres maigrelets, où la vue embrasse montagnes et vallées.  

Il est midi, place au pique-nique près de la croix dressée au sommet en lisière d'un petit bosquet caillouteux de chênes rabougris. Un superbe belvédère sur les deux vallées et la dentelle des sommets enneigés, comme le sont souvent les petits tucs d'avant-chaîne : le panorama s’est progressivement élargi, Crabère, Puech, Montlude, Bacanère, Pic du Gar et Escalette, crêtes  du Port de Balès, Tourroc, Pic de Cau, crêtes de Nistos, Mont-Aspet… Et en prime, la plaine de Montréjeau au nord. Le tout à 1052m !

               Cette croix, c'est l'une des trois croix de Barousse. En 1942, trois moines belges, sans doute des Dominicains qui séjournaient au couvent de Gembrie, proposèrent de dresser trois croix de béton sur trois sommets. Pourquoi ont-ils proposé ces trois sites entre plaine et haute montagne, qui formaient un triangle équilatéral ?... Les prêtres et les religieuses de la Congrégation de Saint-Joseph qui dirigeaient l’hospice expliquèrent que ce triangle symbolisait simplement le Père, le Fils et le Saint-Esprit mais il se murmura que ces croix, même si elles avaient été élevées pour la Gloire de Dieu, pouvaient servir à autre chose, par exemple de repères aux pilotes alliés pour des largages… 

Descente à 13h20 et cap à gauche près du menhir sur une autre piste qui descend au pied d’une immense carrière abandonnée qui dresse sa haute muraille rocheuse sur le ciel : on y a longtemps exploité le calcaire dolomitique,  d’où la route et les pistes qui permettaient d’y accéder.

De nombreuses carrières ont été exploitées dans le passé, à  Anla, Sacoué, Sarp, Gembrie, Izaourt, Saint-Néré, Mauléon-Barousse, Troubat, Bramevaque et Ferrère. La cheminée de l'appartement de Napoléon III en marbre de Troubat est exposée au musée du Louvre à Paris. Renseignements pris auprès du maire de Thèbe, l'exploitation de cette carrière a cessé en il y a 30 ans car le filon s'épuisait... Contenue dans ce calcaire, la dolomie riche en magnésium, métal stratégique sur le plan industriel et militaire, était traitée jusqu'en 2002 à l'usine Pechiney de Marignac, l’unique producteur national et de la CE, qui employait 220 salariés sans compter les emplois induits...  S'ensuit un combat pour la survie et  "le bal des repreneurs" qui permettent de maintenir une activité de 31 employés dans le recyclage de déchets de magnésium. Fermeture définitive en 2009. Le même filon passant sous le Tourroc voisin, Pechiney exploita ce site un temps avant qu'il ne s'épuise lui aussi...

Retour à 13h20 avec détour par le pied minéral de l'ancienne carrière,  par l'itinéraire de montée, pour parcourir encore ce long belvédère, en papotant cette fois ! 15h au parking et en route tous ensemble pour le pot au "Santi Café " de Valentine  où l'accueil manque de chaleur... 30 consommations, ce n'est pas pourtant pas négligeable dans une salle vide !

                                            Quelques mots sur la version light pour terminer, avec jonctions intermittentes : départ de la falaise de Troubat, extension aussi à la carrière,  même montée mais pique-nique  en dessous du Sommet de Chay, un superbe belvédère aussi sur les deux vallées et les sommets enneigès.

Imohtep, le scribe des mardis de L'ACCUEIL

 

Date de dernière mise à jour : 23/03/2025