LE BOUCHET A GOURDAN-POLIGNAN

Mardi 6 mars 2024

Un joli belvédère : la colline du Bouchet, 559m, à Gourdan-Polignan

Dénivelé +160 m / 7km

                              Météo très incertaine ce mardi, froid et neige en montagne... Histoire de retrouver les copains, en route pour une petite randonnée du matin sur la colline du Bouchet, 559m, au dessus de Gourdan-Polignan. Outre un beau panorama sur la plaine, Gourdan, Montréjeau et son lac, elle est insolite, la montée sur cette colline aride, tailladée par les pistes d'exploitation d'une ancienne carrière, qui culmine avec une crête rocheuse et abrupte, 559m. Et il faut en profiter, car un parc de panneaux photovoltaïques de quatre hectares va y être installé...

                              9h40 au départ du lac : une belle passerelle pour piétons (construite par EDF pour passer des cables) enjambe la Garonne depuis 2019.   Droit devant, les deux collines, Bouchet et Picon.  

                              Le Picon, c'est un peu le Cagire du coin !  Une croix y a été dressée, bien connue des anciens élèves du lycée de Gourdan car les pensionnaires et les collés du jeudi y montaient avec un pion, histoire de les occuper et de dépenser un surplus d'énergie incompatible avec la discipline de l'époque... Elle a été érigée en 1880 à la demande de Jean Cistac, homme de lettres natif de la région et secrétaire particulier de Jules Grévy qui fut président de la République de 1879 à 1887. Jean Cistac habita longtemps Paris puis se retira à Montréjeau.  Il encouragea la société Ramond, société savante du pyrénéisme, et la subventionna pour l'aménagement de l'observatoire du Pic du Midi. En contrepartie, le bulletin météorologique lui était transmis quotidiennement et il l'affichait devant sa maison afin que chacun puisse le consulter. Jusqu’à la Première Guerre Mondiale, un pèlerinage vers la croix était organisé le premier dimanche de mai et la journée se clôturait par une retraite aux flambeaux.

                              Après un aller-retour sur le Bouchet, passage ensuite près de la Garonne sur le Gr 86, la voie du Piémont Pyrénéen vers Compostelle, pour faire le tour de notre colline.

               Elle abrite sur son flanc ouest la grotte de l’Eléphant (ainsi nommée en raison d'une concrétion calcaire qui évoque une trompe d'éléphant), fermée d'une grille et accès non signalé. C'est un site très renommé pour l'étude de la Préhistoire car elle est l'un des habitats majeurs d'Europe occidentale. De la petite ville de Gourdan est d'ailleurs venu le terme de " Gourdanien", qui désigne une ancienne subdivision du Paléolithique Supérieur.

               Outre ses peintures et gravures pariétales, la grotte comprend deux salles dont une  principale, et des galeries inférieures ; elle a livré de très nombreux vestiges préhistoriques correspondant à des occupations successives de -40000 à -10000 ans, conservés au musée Saint-Raymond de Toulouse.

               Classée à l’inventaire des Monuments historiques en 1956, elle a été fouillée entre 1871 et 1875 par Édouard Piette (qui fouilla également la grotte du Mas-d'Azil). Archéologue et préhistorien de renom venu en cure à Luchon, il se consacra dès lors à la Préhistoire pyrénéenne ; en 1902, il fit don au musée des Antiquités Nationales de Saint-Germain-en-Laye de sa collection, l'une des plus belles au monde.

                

                              Une petite route nous ramène à l'église de Gourdan à laquelle sont adossés un banc et un abri-livres : voilà une bonne idée, et peu coûteuse pour les municipalités, que ces petites bibliothèques de rues, dites aussi boîtes à lire ou biblio-boîtes : elles s'alimentent et se renouvellent grâce aux dépôts de tout un chacun, qui peut y laisser  ou prendre un livre ou une revue. Un haut de vieux buffet vitré, une ancienne cabine téléphonique, un coin d'abribus font l'affaire...     

                              Passage ensuite près du château de Gourdan, un manoir construit en 1520 au pied du Bouchet par le seigneur des lieux, Hespagnolet de Mauléon. Le château médiéval d'origine, dit "des Anglais" (???) ou "des Muraillettes", se dressait au XII°s sur la colline même du Bouchet ; les vestiges de cet édifice, quoique inscrit aux Monuments Historiques en 1926, furent détruits par l’exploitation de la carrière dans les années 1950.

                              Nous voilà installés pour le pique-nique avant midi sous un lavoir proche du château, au cas où il pleuvrait un peu, avant de regagner le parking du lac en une vingtaine de minutes.

                              Et un grand merci à Viviane, remontée au Bouchet le lendemain pour faire quelques belles photos de la colline sous le soleil !

IMOHTEP, le scribe des mardis de L'ACCUEIL.

Date de dernière mise à jour : 09/03/2024