BOUCLE DES 7 VILLAGES DU VAL D'ARAN

Mardi 24 février 2026

Boucle des 7 villages du Val d'Aran  et chapelle Sant Miquèu  D+510/620m  et 10/14km ad libitum

                                             Grand ciel bleu et douceur au départ du village d'Es Bordes à 10h, entre Bossost et Vielha, 800m. En avant pour la boucle dite des "7 villages du Val d'Aran", situés  au pied du flanc sud du Montlude  2517m (exposé donc au soleil, comme il convient en hiver) : Es Bordes (parking), Arro, Arres de Jos, Arres de Sus, Vilamos, Begos, Benos… Et merci à Viviane qui nous a guidés en outre au magnifique belvédère de la chapelle de Sant Miquèu, 1300m !...

                                            Deux vagues (a et b), les uns effectuant en entier cette boucle très bien balisée de panneaux indicateurs, les autres escamotant Arres de Jos et Arres de Sus pour rejoindre directement Vilamos ;  arrivée pour le pique-nique à la chapelle à 20mn près, 13h10 ou 12h50.  Un excellent timing !

               Vilamòs, qui a compté plus  de 500 habitants, 170 aujourd'hui,  fut le premier village fondé et reconnu dans le territoire d’Aran. Et l'ermitage de Sant Miquèu en fut sans doute au X°s la première paroisse. Maisons et granges anciennes, les "auviatges", toits de vieille ardoise, fontaines, abreuvoirs et lavoirs, belles églises romanes, notamment celle de  Sant-Joan, isolée dans les prés entre Arres de Jos et Arres de Sus, qui veille sur le petit cimetière d'autrefois, commun aux deux villages.… 

               De bonnes grimpettes parfois, des bois de noisetiers encore dénudés, des prés roussis par le gel et le point de vue s'élargit sur la vallée et les sommets enneigés. Arrivée à Vilamos,  1250m, à  12h 10 pour les a) et  12h40.pour les b). Une maison ancienne y a été convertie en éco-musée, "çò de Joanchiquet", le prototype de la maison traditionnelle aranaise appelée “auviatge”. Lors des la restauration entreprise en 1995, le mobilier et l'atmosphère des premières décennies du XXe siècle ont été préservés. Vue superbe déjà.

               Le meilleur reste à venir, et en douceur ! Quittons le balisage qui nous ramènerait à Es Bordes pour rejoindre à l'est de Vilamos la chapelle Sant Miquèu par une large sente à flanc, bordée de noisetiers.  Ici et là vous attendent  de grandes  silhouettes en corten, un acier spécial  dont la composition provoque  l'oxydation volontaire : la rouille forme en quelques mois une patine imperméable qui garantit ensuite une résistance optimale aux conditions atmosphériques. Un berger et ses moutons, un wagonnet et un énorme panier évoquent les activités traditionnelles de la vallée, élevage, culture et exploitation minière.

               Arrivée tranquille donc à la chapelle Sant Miquèu sur le coup de 13h, à 20mn près selon les deux vagues. Une vieille chapelle romane à laquelle était attenant un ancien ermitage côté est, dont seuls les murs subsistent. Deux silhouettes inattendues en corten, une jeune femme et une fillette qui regardent la vallée et les montagnes au sud. Un panneau porte ces mots de Frida Kahlo, peintre mexicaine de la première moitié du XX°s, dédiés à la maternité :  "Mère, les montagnes seraient là. Le froid de l'hiver et le soleil de l'été, le givre, le chant des oiseaux au printemps... ils seraient là aussi. La vallée serait là. Mais sans les mères, le cœur de ce pays ne battrait pas. La maternité, ce n'est pas seulement donner la vie, c'est aussi apprendre à en prendre soin, lui apprendre à grandir et, parfois, la laisser s'envoler."

               Un belvédère superbe dressé sur un éperon rocheux. La vallée d'Aran file à l'est vers Vielha ;  à l'ouest le Tuc dera Entecada, accessible par l'Hospice de France ; au sud le Montcorbison, les tucs de Letassi et de Mieidia au pied desquels s'enfonce la vallée d'Artiga de Lin  qui mène jusqu'à la Résurgence de la Garonne, disparue sous terre  au Forau de Aigualluts, (un gouffre calcaire plus communément appelé Trou du Toro) ; et sur l'horizon justement , le Massif de la  Maladeta qui culmine avec le pic d'Aneto...

               Pique-nique donc face à ce panorama superbe !

               Retour ensemble sur Vilamos à 14h30, par une petite route où a été aménagé un mirador, assorti d'une belle aire de pique-nique. Descente ensuite par Benos et Begos. Parking  à 16h45 ( les jours ont déjà bien allongé...) et pot à Lès bien sûr.

Et un peu d'Histoire pour finir !

                                             Le Val d'Aran est une entité espagnole qui correspond à peu près au cours supérieur de la Garonne.

               En 1808, la conquête de l'Espagne par Napoléon  aboutit à son annexion par la France : il fit partie de la Haute-Garonne jusqu'à sa défaite à Waterloo en 1815 et fut rendu à l'Espagne.

               Ce territoire resta longtemps une enclave  car la vallée  était sans communication directe avec l'Espagne en dehors du haut col de la Bonaigua et du col muletier de Vielha, impraticables en hiver,  jusqu'au percement du tunnel de Vielha en 1948. D'où le grand nombre de travailleurs espagnols qui venaient gagner leur vie en France par le sentier transfrontalier de Les à Fos, aujourd'hui réhabilité et balisé. Un  tramway Pont-du-Roy/Marignac, fut en service de 1914 à 1953. Une langue commune unissait d'ailleurs le Val d'Aran et le Comminges : l'Aranais, c'est le Gascon de chez nous, une variante de l'Occitan, devenu langue co-officielle au même titre que le Castillan et le Catalan quand ce territoire a reçu un statut de semi-autonomie en 1991.

               Fer, plomb et zinc étaient extraits dès le XIX°s en altitude, descendus et lavés dans la vallée, puis  acheminés en France.  L'exploitation cessa véritablement en 1929 par manque de rentabilité plutôt que par épuisement du site.

Imohtep, le scribe de L'ACCUEIL

Date de dernière mise à jour : 01/03/2026

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