LA CRETE DE LA JOUE

Mardi 3 mars 2026

La crête de la Joue en boucle depuis Jézeau, en vallée d'Aure, 1327m au point haut.

Dénivelé +520m et 9km A/R

                                             Randonnée bien exposée au sud ce mardi. 9h30, 830m : ciel laiteux au parking du nouveau cimetière de Jézeau, en haut de ce village situé au dessus d’Arreau. Et déjà, en toile de fond superbe, le massif de l'Arbizon !

                                            Une large sente tranquille monte retrouver le balisage de la Crête de la Joue 100m plus haut, cote 912, évitant ainsi une solide grimpette de but en blanc dès l'église d'où est parti notre balisage, celui du "chemin de Bourg". Mais pas moyen d’en éviter une autre de grimpette, gravillons et dalles de schistes mêlées, avant que la sente ne prenne le flanc montant... Pause appréciée : vue sur Arreau, à l'ouest la vallée d'Aure et ses sommets, Arbizon, Hourquette d’Ancizan, Plo del Naou et col d’Aspin, le panorama ne va cesser de s’ouvrir… Seul bémol, les sommets enneigés ne se découpent pas avec une franche netteté sur ce ciel pâlichon...

               La sente devient plus douce, entre pour quelques minutes dans une hêtraie, s’en échappe,  prés,  genêts, une grange en contrebas, une autre, rénovée, plus haut... Et vous voilà en haut sur les pelouses parcourues par une belle piste carrossable venue l'est ; le Pic du Midi surgit brusquement au nord-ouest et les crêtes de la station de Nistos -Cap Nestès à l'est. L'Arbizon toujours.

               Point haut 1327m. Le lieu idéal pour pique-niquer devant ce panorama superbe quoique un peu laiteux...  Il est 11h40, l'heure de l'apéritif mais un petit vent frisquet balaie les pelouses...

               La troupe préfère se mettre à l'abri en attaquant le retour tout de suite. La piste empierrée descend tranquillement au sud vers Jézeau dans un bois dénudé et bien orienté au soleil ; l'Arbizon vous accompagne toujours...

           De papotage en papotage, sacs à terre seulement à 12h30, à l'intersection d'une autre piste qui s'en va à l'est rejoindre le village de Bareilles. Pause d'une heure pour le pique-nique et remise en marche ; la piste dessine alors cinq grands lacets qui vous ramènent au parking en une heure, soit 14h30.  

                En route pour le pot au café de Sarrancolin.  Pas de places... Ce sera donc au Bar de la Résidence à Saint-Gaudens, puisque ce moment de clôture de nos randonnées est apprécié de  tous !                            

Et un peu d'Histoire pour finir !

                              A Jézeau, un bijou de petite église romane, Notre Dame et Saint Laurent, où des croix jacquaires rappellent que, propriété des Hospitaliers de Jérusalem, on y priait sur le chemin de Compostelle. Inondée de fresques, cette église est hélas fermée depuis son inscription il y a quelques années  au label "Pays  d'Art et d'Histoire",   alors qu'il suffisait simplement  de demander la clé à deux ou trois dames du village heureuses de venir vous servir de guides...  Retable de bois peint et dorures, autel en cuir de Cordoue travaillé, peintures monumentales sur la voûte lambrissée, l’ensemble a été remarquablement restauré par les Monuments Historiques. Après un incendie qui ne laissa debout que le clocher-mur du XII°s, elle fut reconstruite et décorée au XVI°s dans le style Renaissance. Une pure merveille, unique, fermée...

                             A Arreau, au confluent des Nestes d'Aure et du Louron, est installé le Musée des Cagots, unique en France. Communauté maudite en Occitanie, soumise à l'obligation de porter une patte d'oie de tissu rouge cousue sur leurs vêtements, ces gens ont été victimes d'une ségrégation terrible du XIII au XIX°s. Mis à l'écart des communautés villageoises, les cagots (lépreux, infirmes, goitreux et autres pauvres gens atteints d’anomalies physiques), ces malheureux parias et leur descendance étaient soumis à des interdits dans leurs contacts avec le reste de la population car ils étaient supposés porter le diable et le malheur en eux : « Je te défens enter ès église, marché, moulin et lieux ès quels y a affluence de peuple. Et te défens entrer ès tavernes et maisons hors celles en laquelle est ton habitation. Je te défens toucher compagnie d'aultre femme que celle que tu as espousée. Je te défens toucher aucunement enfant et ne leur donner ce que tu auras touché. Je te défens manger et boyre en autre compagnie que lépreux et sache que tu quand tu mourras tu seras enseveli en ta maison si ce n'est de grâce qui te sera faite par le prélat ou ses vicaires ».

Superstitions, répulsion et malédiction très répandues au pied des Pyrénées, qui perdurèrent 800 ans dans les faits sinon dans la loi, pratiquement jusqu’au XX°s ! Et dans nos vieux villages, on trouve encore la rue, la fontaine, le porche, le bénitier réservés aux "cagots" (de l'occitan" cagar", issu lui-même du latin "cacare / faire caca"), une communauté qualifiée de m....  donc.

IMOHTEP, le scribe des mardis de L’ACCUEIL.

Date de dernière mise à jour : 07/03/2026

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