BOUCLE EN VALLEE DE LARBOUST

Mardi 17 mars 2026

boucle en vallée du Larboust :

Portet de Luchon - Cathervielle - chapelle St Pé de la moraine- Portet de L

Point haut 1408m  /  D +400m  /  boucle de 10km

                                            En route pour Luchon puis la vallée du Larboust qui monte vers le col de Peyresourde. Parking aménagé à l'entrée de Portet de Luchon, 1230m, près d'un pont à cinq arches  qui enjambe le ruisseau du Portet sur lequel montent la garde deux petits moulins encore en service au début des années 1900.

                              En marche à 10h vers Jurvielle tout proche, 1280m, situé sur l'autre rive du torrent... Léger saupoudrage de neige ici et là... Une vingtaine de minutes tranquilles entre les deux villages, et soudain à la sortie du second, "Que cau puja " !  130m de dénivelé assez raide vous attendent, le seul moment un peu rude de la journée... Il vous hisse à 1408m d'altitude, sur les pelouses du flanc de la Montagne d'Espiau, une longue crête qui s'étire entre les vallées de Larboust et d'Oueil.  Ensoleillé même en hiver, c'est un superbe balcon sur les villages de la vallée et les sommets bien enneigés en cette saison. Céciré, Tuc des Arjoulents, Peyragudes, col et crêtes de Peyresourde (pour ceux que nous avons foulés un jour ou l’autre…), et sur l'horizon les 3000 du Luchonnais.

                              1408m donc : place aux papotages car la sente chemine maintenant quasiment à plat sur un belvédère de trois bons km avant de descendre vers le hameau des granges de Labach à l'aplomb de Cathervielle, 1290m. Et comme il fait chaud sur les pelouses au soleil, la troupe décide d'aller pique-niquer plus bas, aux dites granges. Il est midi. Bien jolies, ces granges rénovées... Et l’une d’elles porte un panneau d’affichage insolite dans ces lieux : un abondant fatras de messages divers, souvenirs du passé paysan, leçons de morale, querelles entre villageois, références à la Camargue (???) ...

                              Remise en route à 13h30 : une petite route descend à Cathervielle, traverse la route du col de Peyresourde et remonte un peu rejoindre la chapelle Saint Pé de la Moraine, 1150m.

                              Retour ensuite par le flanc droit de la vallée jusqu'à Portet, en légère remontée avant le raidillon final, "le chemin de La Debarrade " (en occitan "descente", mais dans l'autre sens, quand on quitte le village !) qui vous ramène au parking en passant près d'un vieux pressoir à pommes ; il aurait bien besoin d'un coup de main pour l'aider à résister aux attaques du temps et des intempéries...  Il est 14h45.

                              Sentier qu'ont suivi eux aussi Les Comtemplatifs, mais en sens inverse, en "débarrant" donc de Portet : pique-nique à la moraine, passage à Garin et arrivée à Cazaux de Larboust (retour des chauffeurs en stop) pour visiter ensuite la chapelle de Bernet à Billière et l'Eglise de Cazaux, deux trésors de la vallée, l'une pour son extrême dépouillement et l'autres pour la richesse de sa décoration, avant de retrouver les copains à Cierp pour le pot, après une belle journée panoramique, soleil et ciel bleu !

                

Et quelques mots pour finir sur la vallée du Larboust

              

                              La Moraine de Garin, c'est un mamelon herbeux qui recouvre les amas de débris déposés il y a 20000 ans par l'énorme glacier qui descendait du lac d'Oo et occupait à la fois les vallées du Larboust et d'Oueil : un seul et même glacier de 800m d'épaisseur enjambait notre Montagne d'Espiau, comme le prouve l'analyse des blocs rocheux charriés par le glacier et abandonnés sur le flanc des deux vallées : ils sont  identiques ! Le petit lac de Barbazan forme avec ceux de Saint-Pé d’Ardet et Lourdes, le trio des seuls lacs glaciaires morainiques des Pyrénées, derniers vestiges de vastes lacs formés par la fonte des glaciers en partie basse des vallées.

                              Là se dresse la grande chapelle Saint Pé de la Moraine, 1160m. Murs et contreforts romans des X° et XI°s, où sont insérées ça et là des cippes, ces stèles funéraires antérieures à la construction et donc en réemploi. L’une d’elle, la seule triangulaire, représenterait une ancienne divinité pyrénéenne. Un collègue du dieu Gar, protecteur des Garumni, les peuples de la Garonne ?...

                              Sainte-Anne de Cazaux de Larboust, l’église romane du XII°s classée monument historique depuis 1921, abrite de superbes fresques du XV°s, découvertes en 1873 sous l’épais badigeon qui les cachait mais aussi  les protégeait. Un trésor exceptionnel par l’ampleur des peintures et leur état de conservation, qui vous laisse bouche bée !  Sur la voûte et les murs se déploie un foisonnement de scènes bibliques, baignées d’une lumière chaude par l’emploi du jaune ocre et du rouge vermillon unis au noir et au blanc.

                              La petite chapelle de Bernet, adossée à la montagne sur la commune voisine de Billière, est moins connue. Et pourtant, qu’elle est émouvante, toute petite avec son clocher-mur et l’arrondi de ses deux absides ! On la devine très ancienne, vu l’étroitesse de ses ouvertures et l’appareillage irrégulier de ses pierres, qui permet de la dater du XI°s, « le premier âge roman méridional », antérieur aux progrès de la taille de pierre réalisés à la fin de ce siècle. A l’intérieur, rien ou presque !  Sous une simple charpente de bois, une nudité en parfaite harmonie avec la rusticité de la pierre, un bénitier, un petit Christ en croix, deux statues de bois polychromes et un sarcophage gallo-romain qui supporte l’autel. La pierre nue des premiers bâtisseurs…

Imohtep, le scribe des mardis de L'ACCUEIL

Date de dernière mise à jour : 21/03/2026