PIC DU LION EN BOUCLE

Mardi  8 juillet 2025

Port de Balès - Pic du Lion  en boucle, 2102m.  Dénivelé cumulé 500m  /  12 km A/R.

Port de Balès - col du Lion  en AR  2031m.  Dénivelé cumulé 380m / 10 km A/R

                             

                                             Beau temps et température modérée, comme il convient sur les pelouses de ces crêtes où la chaleur peut être accablante l'été... Départ à 9h40 du Port/ col  de Balès, 1755m, où un bar-restaurant mobile prend ses quartiers d'été. Promesse réjouissante de pot sur place au retour ! La vue est déjà large sur la piste très douce qui s’en va en une quarantaine de minutes vers le refuge du Mont Né, 1850m. Un beau refuge flambant neuf, et doté de toilettes sèches ! En 2013, il n’était plus que ruines à la suite d’une tempête violente, combinée sans doute à un amas de neige. Il offrait un spectacle de désolation, ce gros refuge aux murs épais  bâti en 1944 pour héberger un chantier de jeunesse ! Quelles forces terribles ont dû se déchaîner ici cet hiver-là ?…

               La troupe se divise en deux vagues dès le refuge, selon le choix de chacun : réunion pour le retour au col du Lion et pique-nique partagé au lac de Bordères-Bareilles.

La piste se poursuit une trentaine de minutes jusqu'au Port de Pierrefite, 1855m. Courte pause près du cadran solaire fait de pierres dressées, un berger pétrifié avec ses moutons, dit la légende, pour avoir refusé du pain à un mendiant affamé… Un point de rencontre à coup sûr pour le partage des pâtures autrefois, entre bergers de Haute-Garonne et des Hautes-Pyrénées car la vue porte loin.

               Et voilà les uns en train de gravir les premiers épaulements de la crête de Téchouède, plutôt  rudes,  à laquelle succède  la crête de la Coume du Lion : herbe rase et profil en montagne russe, jusqu’à ce qu’apparaisse enfin, au terme de la dernière grimpette, le cairn du Pic du Lion, 2102m ! Il est midi et quart : panorama d’exception à 360° sur une dentelle de  sommets : parmi eux, Tourroc, Montarrouye de Nistos, Cagire, Gar, Superbagnères, Céciré, Vénasque, Maladetta, Peyragudes, Montségu, crêtes de Peyresourdes, Plo del Naou, Hourquette d’Ancizan, Val Louron, Granges de Grascouéou, Pla d’Adet, Pic du Midi, Néouvielle, falaises de Barroudes, Arbizon, Signal de Bassia, col d’Aspin, Mont Né, Templa, Montagne d’Areng, Port de Balès, Antenac, Cap de Sallières, lac de Bordères-Bareilles et  enfilade de la vallée d’Oueil...

               Descente jusqu’au col du Lion, 2034m (où les copains montés en aller-retour depuis le lac sont en train d'arriver),  brève mais raide et délicate car la roche se délite et roule sous les pieds. Et on descend ensuite plus paisiblement dans les rhododendrons qui ont paré la montagne de rose vif en juin,  jusqu’à la rive du lac de Bordères-Bareilles, 1765m, pour y pique-niquer à 13h 15. Une heure et quart de pause méritée et appréciée !    

Après quoi, hélas, il faut remonter d’une petite centaine de mètres jusqu’au Port de Pierrefite ! Une petite suée avant de reprendre la piste du refuge pour rejoindre paisiblement le parking. Boucle achevée à 16h40. Et pot en voie directe !

                              Ici en 2017, Williams a eu la joie de photographier un couple de gypaètes barbus, des vautours d'une espèce rare : 3 à 4 couples dans les années 1950, on en compte  environ 50 dans les Pyrénées françaises en 2024.

C'est le plus grand rapace d’Europe, près de 3 mètres d’envergure, pour un poids de 5 à 7 kg. Barbichette noire au bec, plumage de la tête et du poitrail  blanc, que le gypaète adulte  teinte d’ocre orangé  en prenant des bains de boue riches en oxydes de fer, signe pour ses congénères qu'il est maître en son territoire ! Il se nourrit essentiellement d’os, et peut compléter  avec un peu de viande et de tendons. Lorsqu'un os s'avère trop gros pour être englouti tel quel, il le saisit, s’envole et le lâche au-dessus d’un pierrier, dit pierrier de cassage. De là son surnom de casseur d'os.  Autre originalité, il pond ses œufs  en plein hiver, car  la naissance du poussin au printemps va coïncider avec une disponibilité alimentaire accrue, le dégel rendant disponibles les carcasses de toutes les bêtes mortes.

Sédentaire, il vit en couple qu’il forme à l’âge de 6 ou 7 ans et  se reproduit avec parcimonie : un seul jeune à l’envol tous les 3 ans !  S’il y a deux œufs, le poussin le  plus chétif est éjecté du nid et éliminé car la nature ne fournira pas assez de nourriture pour les deux. Dure loi, mais vitale…  D’où la rareté de l’espèce. S'il y a un risque, manque de nourriture, contraintes météo, prédation dans le nid, le couple  préfère sacrifier le jeune pour mettre toutes les cartes de son côté en vue  d'assurer la reproduction l'année suivante... Les hivers doux de ces dernières années, où il y a peu de mortalité naturelle des ongulés sauvages (cerfs, isards, sangliers...) et donc peu de ressources alimentaires disponibles, n'aident pas à la sauvegarde de l'espèce... Une cinquantaine de vautours fauves se sont posés chez moi il y a un mois, attirés par une brebis morte dans un pré mitoyen...

IMOHTEP, le scribe des mardis de L’ACCUEIL.

Date de dernière mise à jour : 14/07/2025