AU SARRAT DE CULEGE

Mardi 24 mars 2026

De Saccourvielle en vallée d'Oueil au Sarrat de Culège, 1475m.

Dénivelé 420 m (+220m pour l'extension près du Cap de la Montagnette)   8/11km AR

                                    Merci à Viviane qui a choisi de monter au Sarrat de Culège par le flanc ouest !  Ҁa va monter raisonnablement alors que côté sud depuis le village de Cazarilh-Laspène, la pente est très raide : " Que pujo mas qu’ey bèth / Ça monte mais c’est beau..." m'a dit un éleveur de brebis à Cazarilh, il y a quinze ans !  Effectivement, aucun lacet, droit devant, une trace de bulldozer pressé...Et quand on a constaté en 2010 que ça pujait ferme, les choses n'ont pas dû s'arranger en 2026...

                                   Parking donc au bord de la route, 800 m environ avant le village de Saccourvielle, sur une piste sans balises à la cote 1087. Surtout, ne pas aller jusqu'au village, départ du GR de Pays Tour d'Oueil-Larboust (une boucle de 42km), avec d'entrée une solide grimpette d'une bonne demi-heure ! Cette piste rejoint le balisage plus haut, et en douceur !

                                   Soleil et ciel bleu dès le départ à 9h20 en deux vagues, selon que l'on opte ou non pour l'extension. La piste monte à flanc en offrant une belle vue sur la vallée d'Oueil et se décide soudain à vous hisser plus vivement au Sarrat de Culège, 1475m. Les uns s'y arrêtent vers 11h15 ; les autres sont déjà passés et partis pour l'extension sur la crête (où le GRP file au nord vers le Cap de Salières, l'Antenac et le Port de Balès), soit un aller/retour d'une heure jusqu'au Cap de la Montagnette avant de revenir partager le pique-nique avec les copains à midi.  

                                   Un sacré perchoir, ce Sarrat de Culège !  Sur le bleu du ciel se découpent les sommets enneigés du Luchonnais, pics frontaliers, Maladetta, Superbagnères, Céciré, Lézat et ville de Luchon, vallée du Larboust et crêtes de Peyresourde, Bacanère, cabanes de Saunères et de Cunau, Mont Né, Port de Balès, vallée d’Oueil..

                                   Retour groupé à 13h30, descente papotante d'une heure et demie et en route pour le pot final à Cierp.

                                   La semaine prochaine réouvrira la guinguette du lac de Badech, le lac de Sède des Luchonnais, un petit lac artificiel enserré entre la rivière de la Pique et l'aérodrome de Luchon. Un endroit paisible où clôturer une belle journée dans le Luchonnais...

Et un peu d'Histoire et de légende pour finir !

                                    Sur le flanc ouest du Sarrat de Culège, entre les villages de Saccourvielle et Trébons-de-Luchon, se dresse la Tour de Castel-Blancat, où sont venus aujourd'hui les Contemplatifs. Bien visible sur son éperon rocheux quand les arbres sont dénudés, c'est le vestige d'un château-fort des Comtes de Comminges, qui surveillait les vallées d'Oueil et de Larboust.  Il n'en reste donc que le donjon, en cours de restauration depuis les années 2000, grâce à une association locale.   Une belle construction de pierres prises à la montagne, maintenues par un mortier gris clair très résistant, auquel elle devrait son nom de Blancat.

                                   C'est aussi un lieu de légende, celle de Saint Aventin, un jeune chrétien qui vivait en ermite dans le val d’Astau et se mit à porter la bonne parole à travers les villages. Traqué par les Maures, il se retrouva acculé près  de Castel-Blancat, au bord de l’abîme. Il s’élança et retomba après un bond miraculeux quelque deux cents mètres plus bas, sur une pierre qui porte depuis la trace de son pied. Rattrapé et décapité, il prit sa tête dans ses mains et s’en fut mourir à l’endroit précis qui avait vu son atterrissage depuis les hauteurs de Castel-Blancat (là où se dresse aujourd'hui sa chapelle, dans la première épingle du col de  Peyresourde). Inhumé sur place, Aventin tomba dans l’oubli... Trois siècles plus tard, un taureau qui grattait fiévreusement le sol de son sabot intrigua les gens du village de Sainte-Marie : ils découvrirent, ensevelis à l’endroit que le destin leur indiquait, les restes d’un corps avec la tête détachée du tronc. L’évêque de Saint-Bertrand fut alerté, les restes authentifiés : c’était bien ceux d'Aventin. La sainte dépouille, revendiquée à la fois par les vallées d'Oueil et du Larboust, fut chargée sur un charroi et on laissa faire les boeufs : ils allèrent d’eux-mêmes jusqu’au village de Sainte-Marie. On décida donc de la construction d’une église à l’endroit où ils s’étaient arrêtés. C’est depuis ce jour du XI°s que ce village s'est appelé  Saint-Aventin.

Imohtep,  le scribe des mardis de L’ACCUEIL

Date de dernière mise à jour : 28/03/2026