AU TUC DE MONTCALIVERT

Mardi 14 avril 2026

Le  tuc de Montcalivert (677m) en boucle au départ de Saint-Lizier en Ariège.

Dénivelé + cumulé 400m.

                                            Tuc de Montcalivert au menu, 677m, "le belvédère du Couserans" : grand ciel bleu ce mardi pour un panorama superbe sur les Pyrénées ariégeoises.

                              9h50 : départ de Saint-Lizier, 430m, près du palais des Evêques. Un sentier balisé s’en va vers la croix de Pouterol toute proche, érigée dans une petite clairière où les prélats, dit-on, aimaient à venir méditer. Plus loin, beau point de vue sur la cité, avant de descendre dans un vallon où s’éparpille le hameau de Maubresc.  Commence ensuite la montée du Montcalivert, d’abord à flanc, puis raide car la sente grimpe droit devant face à la pente, le plus court chemin d’un point à un autre, dit-on, et on le sent sur les cuisses et les mollets...

               Et là-haut surgit une grande croix blanche, la croix du  Montcalivert (677m) : érigée en 1934, restaurée en 2010, haute de 15m, elle lance vers le ciel les prières des chrétiens, près d’une belle table d’orientation  qui les guide sur les chemins terrestres. Cette colline d’altitude plus que modeste mais située très en avant de la chaîne offre un superbe panorama à 360° sur les sommets ariégeois du Vicdessos et du Couserans au dessus de Saint-Girons. Tiens, le Pic du Midi pointe même son nez à l'ouest ! Et au Nord, le Volvestre et la plaine toulousaine. Il est midi, en place pour le pique-nique.

               Descente à 13h20 en effectuant une boucle par le hameau de La Bernèse pour rejoindre le village de Montjoie-en-Couserans où l’église fortifiée mérite une pause. Le plus court serait alors de suivre le balisage du GR78 (la voie du piémont pyrénéen qui relie Béziers à St-Jean-Pied de Port et donc à Compostelle) mais c'est une petite route dangereuse car très fréquentée sur près de 3km... Outre que le goudron ne réjouit personne, une troupe caquetante de 29 randonneurs a bien du mal à marcher sagement à la queue leu-leu... Au fait, d'où vient ce bizarre leu-leu ? C'est la graphie ancienne du mot loup/lupus en latin et l'expression renvoie donc à la pratique des meutes de loups qui se déplacent en marchant prudemment les uns derrière les autres. Une leçon à tirer du monde animal !... Remontée donc sur le hameau de Maubresc pour reprendre l'itinéraire du retour, d'où le cumul de dénivelé. Parking à 15h45 et pot sur place au bar Le Tempo.

                                                                                         Et un peu d'Histoire !

                                             Saint-Lizier, l’ancienne cité des Consoranni (le peuple gallo-romain qui a donné son nom au Couserans) devient le siège d’un évêché important à la fin du V°s ; le premier évêque en aurait été Valier, le second un certain Licerius,  auquel la cité  doit son nom. Plus de 79 prélats se succèdent ensuite avant la suppression de l’évêché en 1801 : le Concordat en réduit le nombre pour éviter une charge financière trop lourde à l’Etat qui  pourvoit désormais à l’entretien du clergé. C'est une très belle ville médiévale où il fait bon flâner avant l'afflux touristique de l"été : palais des évêques, deux églises, cloître roman, ruelles pavées, colombages et encorbellements...

                                            Montjoie possède une très belle église fortifiée du XIII° au clocher-mur encadré de tours octogonales. Porté par plusieurs localités en France, le nom de Montjoie vient sans doute des petits tas de pierres appelés Mons Gaudii / Mont de la joie, qui guidaient voyageurs et pèlerins, notamment sur les chemins de Compostelle.  Les cairns de nos sentiers de randonnées en sont en somme la variante laïque...   Exclamations de joie quand on arrivait sain et sauf dans un village après avoir échappé aux dangers, aux soudards et pillards qui écumaient les campagnes, ou que l'on parvient sur un sommet au terme d'une montée éprouvante !… 

               « Montjoie ! Saint-Denis ! » ,c'était aussi le cri de guerre  des armées des rois de France, en particulier des Capétiens. Il réunit les termes de « Montjoie » (au sens de " bannière de l'armée royale") et de Saint-Denis, saint-patron des rois de France. On se battait en ces temps-là pour la gloire de Dieu et du roi...

               En 1618, durant les guerres de religion, la population de Montjoie alla se réfugier au château de Seignan à Saint-Girons à l’approche des protestants. Le prêtre ayant oublié les hosties dans le tabernacle, le châtelain, M. de Castéras Seignan, retourna les chercher à l’église où les huguenots le poignardèrent. En raison de cet acte de foi et de courage, les membres de la maison de Castéras Seignan ont hérité du droit d’être ensevelis dans l’église.

                                            La croix du Montcalivert a été le coeur d'une action juridique devant le Tribunal Administratif en 2018, suite à la demande extravagante d’un particulier (étranger à la commune) de la démolir selon la Loi de 1905 (séparation Eglise/Etat), puisqu'elle était érigée sur un terrain communal de Montjoie. Indignation dans tout le Couserans : cette croix n'est l'objet d'aucun pèlerinage et appartient au patrimoine local ! Cette mobilisation sauva la croix, mais on la retrouva taguée en 2019 :   " je ne conduis ma vie guère plus mal que si j'avais la foi"... Affaire classée.  

Imohtep, le scribe des mardis de L’ACCUEIL

Date de dernière mise à jour : 19/04/2026