EN BOUCLE LE MAS D'AZIL

Mardi 18/03/2025 : Circuit ou Grande Boucle des Trois Dolmens
en boucle, au départ du parking en bordure de l’Arize / Mas d’Azil.

Dénivelé : + 520 m ; 15,75 km ; 5h10 de marche.

Le départ et la montée

Après les frimas et la neige de la semaine passée sur les cimes pyrénéennes, la tentation légitime des raquettes a été oubliée et remisée au profit d’une balade lointaine en piémont d’Ariège sur le site classé Natura 2000 des « Quères du Mas d’Azil ». Le dénivelé est moyen mais la distance compensatoire augure d’une randonnée qui se classe dans le bon quartile de nos prestations athlétiques hebdomadaires…

13 marcheurs prennent place à bord des trois automobiles dépêchées  à cet effet sur le parc Pégot et s’ébranlent dans le frais matin givré et brumeux à 7h30 pile-poil… Nous allons récupérer notre JC en route sur le parking habituel à Figarol, car il est délaissé pour cette randonnée par sa payse d’Arguenos souffrante et sur le flanc pour raison de syndromes fiévro-grippailleux, qu’elle se rétablisse vite !

Direction Saint-Girons, Foix et Lescure, puis à gauche on prendra la direction « le Mas d’Azil », nous passons dans la Grotte, ses virages et sa rivière souterraine toujours aussi impressionnante… Ensuite il suffit de traverser le toujours aussi charmant village du Mas d’Azil pour se garer sur la place avec ses platanes du fond de ville en bordure de l’Arize et du pont qui nous conduira vers l’itinéraire des dolmens. Nous y retrouvons trois autres des randonneurs du jour qui amènent dans une glacière le précieux crémant alsacien prévu pour célébrer l’anniversaire de notre Reine des cyclistes. Nous sommes donc désormais 17 dont 4 octogénaires accomplis et un tout proche des huitante années à traverser à 9h15 le pont Louis XIII qui franchit l’Arize et à prendre de suite la route à gauche, en ayant à l’œil le panneau « les serres des dolmens ».

300 m après, il faut tourner à gauche au niveau d’une croix en fer et suivre le sentier balisé en jaune dit des dolmens ; herbeux puis caillouteux le chemin montant débouche sur une voie goudronnée avec le petit parking dit du Cap del Pouech. Le Ciel est céruléen, la température agréable monte lentement et nous arrivons en vue du premier des dolmens qui est donc celui de Cap del Pouech.

Méditons et attardons-nous un peu, avant de retrouver cet endroit, sur la signification du mot dolmen, le roi du jour: Un dolmen est une tombe généralement mégalithique, incluse à l'origine dans un tumulus, comportant une chambre sépulcrale destinée à recevoir plusieurs inhumations. Ce mot, probablement d'origine bretonne et celtique, a été adopté dans plusieurs langues européennes. Il est devenu un terme générique utilisé en archéologie préhistorique pour désigner des types d'architecture très variés. Le caractère imprécis de sa définition originelle et la multiplicité des terminologies adoptées depuis selon les spécialistes, tendent désormais à lui substituer les expressions « tombe mégalithique » ou « sépulture mégalithique », mais le mot dolmen demeure toujours très fréquent dans l'usage courant.

Dolmens et menhirs sont les deux types de mégalithes les plus fréquents et les plus emblématiques du mégalithisme dans le monde. C'est en Europe, notamment de l'Ouest, que l'on trouve le plus de dolmens, édifiés tout au long du Néolithique. De nombreuses constructions du même type existent en Afrique du Nord, dans la Corne de l'Afrique, au Proche-Orient et en Extrême-Orient, mais construites à des époques plus récentes.

Une belle ferme aux volets bleus, peu après, précède ce dolmen qui se compose de deux pierres verticales (orthostates) qui supportent une impressionnante dalle horizontale. Fouillé au milieu du XXièmesiècle et restauré dans les années 60, ce dolmen est un des mieux conservés et l’un des plus grands édifices mégalithiques situé sur le massif du Plantaurel, exactement à 434 m d’altitude. Des ossements humains et des matériaux divers découverts auprès de ces sites du Plantaurel  permettent de les dater précisément de l’Age de Bronze (1800-700 avant JC).

La piste continue au milieu de belles prairies, entre murets sous les chênes, une barrière près d’un abreuvoir, nous passons devant la ferme de Milhorat, au loin les sommets ariégeois resplendissent de ce nouveau manteau neigeux qui est descendu jusque vers 1000 m la semaine passée, Valier, Maubermé, Barlonguère, etc.

Plus loin, une importante étable se dresse avec ses divers débordements pestilentiels, la ferme de Lapastout, avant de rejoindre la D15. Il faut virer à droite, longer la route sur 500 m avant de la traverser et de prendre à gauche en direction de Lézères et son célèbre et immuable bestiaire. Des poulains au pré, puis des poules en liberté, des chiens de chasse (beaucerons) parqués dans une cour, une autre meute plus loin au chenil, nous accueillent bruyamment avec trois élégants bipèdes indigènes probablement dépêchés par le comité d’accueil du jour.

Traversée du hameau, un chemin aux nombreuses clôtures monte doucement vers le village de Camarade (non syndiqué…) ; à l’intersection avec la D 915, prendre à gauche sur la départementale bordée d’arbres fruitiers avec quelques fleurs timides. Nous montons au milieu des murets en pierres sèches avant de déboucher à nouveau sur la D15 et son parement de pierre, nous sommes à 512 m sur le point géodésique (étalonnage du GPS à 514m), il nous faut maintenant prendre à droite sur 200 m puis grimper à gauche vers le hameau de Couminges et son dolmen, le numéro 2. Comme en 2019, un magnifique chien aux poils frisés d’un marron aux mèches blondes garde le site et assure la visite guidée contre quelques caresses ! Ce dolmen, en ruines autrefois, a été restauré par des pompiers de Pamiers en 1989 disposant du matériel nécessaire pour soulever les blocs de pierre dont la dalle estimée à plusieurs tonnes. Des maisons, caravanes et divers matériels jonchent çà et là le côteau donnant une impression de caravansérail légèrement organisé, mais point trop n’en faut...

Nous continuons en crête sur les hauteurs du massif du Plantaurel à la recherche du coin idéal, de la vue sur les Pyrénées, à l’abri du vent et sec pour nos augustes fessiers.

Le déjeuner

12h30, voici enfin retrouvée la salle à manger d’il y a 6 ans, elle se trouve moins garnie de végétaux pour cause de sortie d’hiver. Elle est réadoptée à l’unanimité, située en pleine garrigue, à l’abri des zéphirs et face à la chaîne ; une vue imprenable à l’écart du sentier dont la montée fut bien grasse, d’une glaise boueuse, occasionnant de menues glissades.  Déjeuner des 17 face au blanc des sommets ariégeois avec moultes breuvages colorés… 

Le retour                                         

14h, c’est reparti pour un long cheminement en crête vers l’Est au milieu des petits chênes jusqu’au troisième et dernier dolmen du circuit, le numéro 3 appelé Brillaud. C’est un dolmen peu élevé, presque excavé, érigé sur un tas de pierres, sans doute un ancien tumulus (terre et pierre) qui devait initialement le recouvrir. Les reliquats de ses fouilles se trouvent exposées au Musée de la préhistoire du Mas-d’Azil, dont la dentition entière d’un enfant. Le parcours continue un moment en crête avant de prendre à droite parmi les chênes et roches calcaires sur le flanc du Mont Calbech, une descente raide à découvert, avec le très beau panorama lointain sur le lac Filleit dans son écrin de verdure et le pays de Foix avant de retrouver le chemin goudronné qui ramène au parking du Cap de Pouech.

Nous redescendons à gauche et faisons fi de la partie finale de la boucle et du passage au bord de la rivière pour reprendre le chemin de l’aller et retrouver le Mas d’Azil.

Voici donc terminée cette belle balade de piémont de près de 16 km, en grande partie sur les crêtes du Massif du Plantaurel, un relief de plis calcaires entaillés par des cluses, parallèles à la haute ligne de crête des Pyrénées, le circuit de découverte des dolmens pour certains d’entre nous, et encore une bien belle journée printanière pour une fois en terre ariégeoise.

A l’arrivée au parking sous les platanes, la table de pique-nique fort opportunément occupée est installée pour le gouter arrosé de Crémant d’Alsace qui est offert par Cécile pour célébrer son anniversaire. Après la dégustation générale à la santé de l’impétrante, nous pouvons regagner assez tôt nos pénates saint-gaudinoises, sous un soleil qui est maintenant un peu voilé.

Jean-Jacques, par délégation implicite de Monique, pour le Groupe 1 de randonnée pédestre de Saint-Gaudens Accueil, crédits photographiques de Alain (Sahi), Hélène, Jean-Marc et Jean-Jacques.

Date de dernière mise à jour : 23/03/2025