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CABANE DE LA PRADE+PIC DOULY
Mardi 3 février 2026
sortie raquettes
Cabane de la Prade (1623m ) et Pic de Douly (1630m) en option
Dénivelé cumulé ad libitum D + 300 / +530m
Un grand ciel bleu à 10h dès le parking de L’Artigous, 1360m, peu avant la station de ski de Nistos-Cap Nestès. Route sèche et dégagée mais une belle couche de neige alentour . Cap au sud. Deux vagues se forment : ceux qui ont choisi l'option pic de Douly s'en vont devant et retrouveront les copains à la cabane de la Prade pour partager le pique-nique et le retour.
Passé un bout de pré, une charretière monte assez rudement plein sud dans la sapinière d'Artigous avant de dévider trois ou quatre lacets pour adoucir un peu la montée ! Marche malaisée car de précédents randonneurs sans raquettes ont creusé des trous profonds dans la neige durcie.
1530m : Cette piste sort de la forêt et devient sente sur une crête tapissée de pelouses qui va mamelonner doucement. Soleil en pleine face tout d'un coup : le Douly pointe son pic pointu à l'est, le Mont Aspet au sud dans une lumière éblouissante ! Ces courbes douces ont-elles évoqué pour les bergers d’autrefois le galbe gracieux des reins, des hanches et des fesses féminines ?... Métaphore ou pas, la carte vous dit que vous caressez ici Le Cul de la Serre !
Voilà la première vague qui passe à 11h au replat des deux cabanes de la Prade, 1623m. Surprise, il n'y a presque plus de neige sur la crête d'ici au Douly ! Mieux vaudra quitter bientôt les raquettes sur l'herbe rase... Les fortes rafales de vent de la semaine dernière ont soufflé la neige et l'ont rabattue sur les flancs en formant ici et là de belles plaques à vent, faites d'une neige instable accumulée sur une neige plus ancienne ; de structure différente, elle n'adhère pas à la sous-couche, peut s'effondrer si l'on s'y aventure, engendrant une avalanche qui emporte tout sur son passage, skieurs hors piste par exemple...
Douly à 1630m au terme d'une bonne grimpette et pourtant 200m de dénivelé positif A/R car cette croupe n'est pas plane (montée et redescente du pic de Belloc). Photo au sommet à midi et quart : un grand ciel bleu sur un belvédère somptueux : le regard y parcourt la plaine à l’infini, et la dentelle des pics enneigés, Couserans, Comminges et Hautes-Pyrénées réunis... Demi-tour sans tarder pour rejoindre les copains à 13h ; arrivés eux aussi à midi, mais à la cabane, ils ont déjà attaqué le pique-nique. Pic de Mont Aspet au sud, Douly à l'est et à l'ouest Pic du Midi étincelant et station de Nistos-Cap Nestès bien enneigée.
Descente dès 13h30 car il fait frisquet... Parking une heure et quart plus tard et cap sur le café restaurant de la station, qui domine les pistes bien enneigées, pour e bonheur de skieurs de fond !
Et un peu d'Histoire pour terminer, bien sûr !
Dans la nuit du 13 au 14 juillet 1944, un bombardier Halifax parti de Blida en Algérie pour larguer armes, munitions et argent au maquis de Nistos-Esparros, s'écrasa au pied du Douly dans le brouillard. L'appareil carbonisé fut découvert trois jours après par un jeune berger de Nistos qui courut avertir l'instituteur : les maquisards récupérèrent les containers qui n'avaient pas brûlé et enterrèrent les 7 jeunes aviateurs clandestinement près de l’épave. Le secret fut gardé jusqu’à la Libération. Maudit brouillard ! Cent mètres plus haut, et l’avion passait la crête… « J’ai un rendez-vous avec la mort, sur quelque pente meurtrie d’un col écorché…» avait écrit le jeune poète américain Alan Seeger, engagé dans la Légion Etrangère en 1914 et mort au combat en 1916 à 28 ans…
Dans la clairière du Clos du Douly, une petite croix isolée marque le point d’impact du Halifax et quelques débris de l'avion sont toujours là. Dès la fin de la guerre, on regroupa les corps et on les entoura d'une clôture de branchages. En 1994, des bénévoles ont aidé un professeur du lycée de Gourdan-Polignan et ses élèves, à bâtir le cimetière actuel : un muret de pierre entoure une stèle et les 7 nouvelles tombes, à côté des débris du bombardier, quelques-uns seulement car l’énorme carcasse carbonisée a été pillée au fil des ans par des ferrailleurs, le moteur ayant été descendu et exposé au musée de Luchon.
. Au fil des ans, des cérémonies officielles ont réuni ici les familles de ces jeunes aviateurs, des délégations anglaise, canadienne, australienne et française, et les habitants de la vallée.
Le 12 juillet 2014, 70° anniversaire du crash, commémoration d'une ampleur exceptionnelle : quelques randonneurs de L'Accueil sont venus partager ici un moment d'émotion rythmé par les cornemuses écossaises dans la bruine et le même brouillard qu'en 1944, auprès de détachements militaires du Commonwealth, ambassadeurs, ministres, anciens combattants et familles des aviateurs disparus...
Uniformes et souliers vernis impeccables pour les délégations, alors que nous, nous avions les godillots maculés de boue sous les ponchos ! Or nous sommes tous venus par le même sentier... Mystère éclairci en surprenant à l'écart quelques torses et paires de fesses à nu : ces messieurs renfilaient jeans, pulls et cirés, une fois les uniformes et les chaussures rangés dans une housse à vêtements... Image insolite au retour, ces soldats parmi nous, la housse sur une épaule, le fusil sur l'autre !
Imohtep, le scribe des mardis de L'Accueil
Date de dernière mise à jour : 11/02/2026