PIC PALOUMERE

Mardi 21/04/2026 : pic de Paloumère ou de l’Aube
(1608m) par la Fontaine de l’Ours (1194m).

Dénivelé : 526M-9,82 Km-4H20.

La randonnée instinctivement Refuge, Réconfort, celle de la thérapie de groupe dans un monde « d’Après ».

En mai 2020, c’est la première balade d’après COVID à la fin du confinement.

Aujourd’hui, c’est la marche hommage après la disparition tragique de notre cher camarade, mardi dernier.

« Pic de l’Aube », joliment nommé, la lumière après la nuit, l’espérance, la naissance d’un nouveau jour.

« Comme des papillons à une étoile », nos pensées volent vers toi, Jean-Pierre, nous t’envoyons, nos rires, nos coups de blues, nos bavardages futiles, nos réflexions plus sérieuses sur l’état du monde, ce bouquet de jonquilles sur le bord du chemin, notre verre de Jurançon levé vers le ciel (merci Rita) à l’heure de l’apéro, nos préoccupations du quotidien, notre vie de terrien, celle de passage, celle qui t’a lâché.

Cette randonnée t’est dédiée ; tu aurais aimé la fraîcheur du sous-bois, ce vert tendre des estives juste mouchetées de blanc, cet appel à la transhumance, ce ruisseau à traverser, la montée en crête pour la magie de voir apparaître les sommets ariégeois encore bien enneigés, l’arrivée au sommet, la vue plongeante sur la plaine de la Garonne, sur nos chers villages du Cloth de Thou au pied du Calem.

Désormais châtelain à titre posthume, tu règnes sur un domaine certes en ruines mais au nom célèbre comme la favorite du roi Soleil.

Sous la vigilance de Cagire, ton royaume de verdure peuplé d’oiseaux respire la sérénité.

Si un colibri vient se nicher dans ta barbe blanche, nul doute, ton sifflet trouvera la bonne tonalité pour communiquer avec lui.

8H30 à Pégot pour un rassemblement des troupes à Arbas, direction La Baderque et parking à la Fontaine de l’Ours (1194m).

Une voiture manque au rendez-vous, le chauffeur a fait le détour par Labarthe Inard…chercher Jean-Pierre ? ou ses deux passagères en tenue estivale dans leurs shorts ont déboussolé le GPS ?

9H45 ; départ à 12 du parking dans la clairière, le 13ème a pris de l’avance.

Montée progressive vers la cabane de Roque Pi (1400m), la hêtraie est magnifique et appréciée les jours de canicule.

La sortie est sans difficultés, pas très longue, pas d’impératifs d’horaires, le groupe fait corps, avance ensemble en prenant le temps d’échanger, les menaces d’orages sont pour la fin de journée.

Après la cabane dans l’estive, direction la crête du cap des Teches, plein sud vers le col sous le Tuc des Haurades (1502m), plaisir toujours renouvelé de voir surgir cette chaîne enneigée, l’arête de la Calabasse s’est bien obscurcie.

Un halo brumeux enveloppe les hauts sommets, la matinée est déjà bien chaude.

La longue crête file à l’est vers le sommet de Cournudère ; en marche vers l’ouest, montée au Tuc des Haurades (1554m), descente au col des passagers (1475m), remontée dans le bois du Tuc de la Casse, légère descente à droite dans un vallon avant de remonter au nord vers le Pic de l’Aube (1608m).

12H à 12H15, pique-nique à 13 sous l’arbre iconique du sommet ou sur les rochers environnants.

Attention aux bordures, la descente est vertigineuse.

Après les nombreuses douceurs sucrées, retour par le sentier qui file dans le vallon.

Nous laissons à gauche l’accès au gouffre de Hajolle découvert une fois en compagnie de notre camarade privé de sorties pour un moment.

« Corseté » au moins trois mois suite à une fracture de vertèbre, nous sommes sur son ancien territoire de chasse, il en connait les moindres recoins.

De nombreux ruisseaux coulent au fond de ce vallon, traversées de zones marécageuses, remontée sur une butte, la cabane de Roque Pi est en vue

Le sentier dans la majestueuse hêtraie nous mène aux voitures vers 15H45.

Pot sur la terrasse du café épicerie d’Arbas, le temps est lourd.

Le top, les grands verres de cidre pression pour une bonne réhydratation.

Le ciel vire au gris foncé sur les hauteurs, ça gronde et flashe à intervalles réguliers ; pas de quoi déguerpir en comptant après l’éclair.

Quelques grosses gouttes éparses finissent par nous déloger, l’heure de se séparer.

Monique.

Date de dernière mise à jour : 25/04/2026