FERRERE - OURDE BAROUSSE

Mardi 12 mai 2026

Vallée de la Barousse : les villages de Ferrère et Ourde en boucle

6/9 km    dénivelé + cumulé 200/300m.

                        Triste météo ce mardi encore !  Direction la vallée de la Barousse pour marcher un peu, le matin seulement car rien n'est sûr l'après-midi...  

                              9h20 : départ de Ferrère, 680m, en empruntant sur 1km environ la petite D625 qui nous a conduits ici. Ils sont beaux, les deux séquoias qui encadrent le cimetière de leurs pyramides vert sombre, deux centenaires classés de 6,80m de tour et 34m de haut... On quitte la route après un pont sur le torrent de L'Ourse de Ferrère pour un solide raidillon qui vous hisse à Ourde, 750m, un village accroché au flanc du Tourroc. A l'entrée un panneau signale que vous êtes ici dans un village français, où les cloches sonnent, les coqs chantent, les chiens aboient et les agriculteurs travaillent pour vous donner à manger. Si vous ne supportez pas ça, vous n'êtes pas au bon endroit !  A bon entendeur, salut.

Il est 10h5, le ciel grisonne toujours, nous privant de toute vue sur la montagne, falaise du Tourroc au nord, Mont Aspet et crêtes du Port de Balès à l'ouest, Pic du Gar à l'est. Seule la falaise de Troubat s'offrira à nous près de l'église qui domine la vallée... Courte pause et retour en boucle sur Ferrère, en montant un peu pour suivre dans les bois le balisage jaune du sentier de pays qui relie tous les villages de la Barousse. Descente pentue à l'arrivée et de jolies photos de maisons décorées au goût des propriétaires... Parking à 11h15.

Il ne va pas pleuvoir, regagnons Ourde pour le pique-nique car c'est un très joli village, dont le réseau électrique enterré préserve tout le charme. Les uns y remontent en voiture, les autres à pied pour s'y rejoindre à midi.

Le soleil fait quelques timides apparitions, profitons-en pour faire le tour du village qui mérite une flânerie :  ruelles, placettes, maisons de vieille pierre, portails ouvragés, balcons de bois, statuettes anciennes nichées dans les murs... Une belle fontaine en contrebas, dite "fontaine de la Caouille/ cheville", une réserve d'eau souterraine que l'on fermait autrefois avec une cheville de bois en guise de robinet. Une église à son point haut, face l'entrée de la vallée et au Pic du Gar.

Pique-nique avant le retour à Saint-Gaudens, sur une placette où est installée une grande table de bois et une ovation pour Michèle à qui nous offrons un assortiment de produits destinés à la pâtisserie, car elle nous régale chaque mardi de ses gâteaux !

Et un peu d'Histoire pour finir !

             

                        La vallée de la Barousse était envahie il y a 50000 an, par un énorme glacier dont les dépôts ont créé un étranglement à mi-vallée, le verrou de Troubat. La grotte située dans cette falaise  témoigne d'un peuplement ancien : on y a trouvé des silex,  harpons et sagaies en bois de cervidés, datés de 15000 à 8000 av. J.-C.

Le nom de "Barousse" serait basé sur des formes anciennes, le latin vallis/vallée et le nom primitif de la rivière, Ossa. Elle sera appelée rivus Ursa en 1450 et la vallée elle-même Vallis Ursae en 1214 et vallée d'Ourse en 1688.

En 1848, la Barousse est le théâtre d'une révolte paysanne partie de Sost, face à la remise en question des droits traditionnels d'usage des ressources forestières. La réponse de l'armée et des gendarmes quatre jours plus tard est brutale, entraînant la dispersion des insurgés et l'arrestation de 98 d'entre eux. Révolte qui rappelle la Guerre des Demoiselles en Ariège...

Mauléon-Barousse porte ce nom car le village  est lié à Mauléon-Soule au Pays Basque : vers 1120, Bernard Ier de Mauléon, seigneur de Soule, reçoit par mariage la seigneurie de Barousse pour moitié en épousant l'héritière du titre ; il y fonde le bourg dit  Mauléon-Barousse, du gascon "mau lioû / lion mauvais" car à l'époque féodale, on préférait susciter la crainte plutôt que la sympathie !... La tour pentagonale et le château témoignent de la puissance des seigneurs de Barousse en ce temps-là.

                                      Classée monument historique, l'église romane de Ourde possède un tympan et des peintures intérieures qui illustrent la vie de Saint-Martin, né en 316 et mort de vieillesse en 397, le premier saint à être vénéré sans avoir subi le martyre. L'art le représente souvent comme un soldat à cheval, partageant son manteau avec un mendiant. Né en Hongrie, il est légionnaire romain de 330 à 356 et ce manteau fait partie de l'équipement qui appartient pour moitié à l'empereur et pour moitié au soldat. Martin donne donc tout ce qui lui appartient, la moitié de cette "cape'... L'autre moitié sera présentée plus tard à la vénération des fidèles dans une pièce dont le nom est à l'origine du mot "chapelle".

Moine et missionnaire ensuite près de Poitiers, il est proclamé évêque de Tours sans le vouloir en 371 ; il continue à mener une vie rude et très simple, évangélisant les campagnes par la douceur. Voyant un jour des oiseaux pêcheurs se disputer des poissons, il explique à ses disciples que les démons se disputent ainsi les âmes des chrétiens ; ces oiseaux prirent le nom de l'évêque, ce sont les "martins-pêcheurs". Une légende veut enfin que des fleurs se soient mises à éclore en plein novembre, au passage de sa dépouille mortelle sur la Loire près de Tours, phénomène étonnant qui a donné naissance à l’expression « l'été de la Saint-Martin».

                                                                        Imohtep, le scribe des mardis de L'ACCUEIL.

Date de dernière mise à jour : 16/05/2026