AU SOMMET D'ANTENAC

16 juin 2026

Du Port de Balès au Sommet d’Antenac 1990m
(avec ou sans sommets intermédiaires)

Dénivelé cumulé 590 ou 430m sur 11,5  ou 10,5km AR

                                    Canicule en plaine, mais chaleur modérée en montagne grâce à l'altitude ! Parking non au Port de Balès lui-même (1755m) mais un peu plus loin, au point coté 1801m sur la piste qu'emprunte le GR de pays Tour d'Oueil-Larboust, qui file justement à l'est vers l'Antenac (un Gr de 42km qui court entre les deux vallées avec 2100 m de dénivelé positif, proposé en 3 jours). 

                                    Dans les temps anciens, l'actuel col du Port de Balès était l'un des itinéraires de passage utilisé par les pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle partis de Saint Bertrand de Comminges et rejoignant l'Hospice de Rioumajou en vallée d'Aure pour passer en Espagne par le Port d'Ourdissetou.

                                    L'un des "Chemins de la Liberté" passait aussi ici pendant la Seconde Guerre Mondiale : résistants, pilotes alliés, Juifs ou réfractaires au STO ont gagné l'Espagne pour fuir ou combattre le Nazisme. Ici passa notamment André Bon, un jeune réfractaire natif de la vallée de Nistos. Parti le 27 juillet 1943 avec un passeur et un groupe d'une trentaine de personnes, il parcourt de nuit les sentiers et passe le glacier des Gourds Blancs à 3 000 m d'altitude. Arrêté et interné par les carabiniers espagnols, il est libéré, pris en charge par la Croix Rouge et acheminé au Maroc où il intègre les Force Alliées pour continuer le combat en France.  

                                    Au début des années 1980, des pistes forestières furent ouvertes au-dessus de Ferrère, dont une jusqu'au Port de Balès et au Cap de Pouy Pradaus pour desservir les estives. Quelques années plus tard, une autre fut construite au départ de Bourg d'Oueil et poursuivie jusqu'au col de Pierrefite qui donne accès à la vallée d'Aure et du Louron. Cette piste entre les deux vallées de Barousse et d'Oueil fut ensuite goudronnée et officiellement inaugurée fin juillet 2006, pour permettre le premier passage du Tour de France en 2007.

                                    9h20 donc au départ, pour arpenter le belvédère ininterrompu de cette longue crête sous un ciel bleu où se découpent les hauts sommets encore enneigés. Les uns partent d'un pas un peu plus vigoureux pour s'offrir en prime trois petits sommets intermédiaires, le Pouy Pradaus, le Mail de Salières (à ne pas confondre avec le Cap de Salières en vallée d'Oueil !) et le sommet des Conques. Trois tuquets que les autres contournent par le flanc.

                       

                        Deux heures et demie de bonheur sur ce long balcon entre vallées d'Oueil et de Barousse, où se prélassent de gros troupeaux de vaches, Blondes d'Aquitaine, Gasconnes et Limousines, qui regardent paisiblement marcher ces fous de randonneurs alors qu'on est si bien couché dans l'herbe...  A propos de vaches, elle est inattendue, la stèle érigée sur le Mai de Salières, en mémoire d'un berger sans doute : un rocher où est fixée une tête de vache sculptée en acier corten... Piste puis sentier, de mamelon en mamelon et voilà la troupe postée sur le coup de midi au sommet d’Antenac, 1990m. Pique-nique près du tripode de l'antenne de radio-téléphone. 

                        Un belvédère superbe à 360° ! La plaine commingeoise, les vallées du Larboust, d'Oueil et de Barousse s'étirent à vos pieds. Sur le bleu du ciel et en toile de fond jusqu'à l'horizon, les sommets déroulent leurs festons enneigés. Il est toujours agréable de reconnaître ceux que l’on a foulés un jour ou l’autre, n’est-ce pas ? Maladeta, Aneto, Céciré, Coume de Herrère, Crabioules, Néouvielle, Arbizon, Pic du Midi, Mont-Né, Tourroc, Gar, Cagire, Escalette et bien  d'autres ! 

                        Retour à 13h : autant redescendre avant que la chaleur ne monte trop au fil des heures... Tiens, ils ont eu raison, nos guides, de venir se garer au point coté 1801, soit 3km évités en aller-retour ! Parking à 14h45. Un petit coup de voiture jusqu'au Port de Balès où un café-restaurant mobile, "Le Petit Refuge", s'installe l'été pour le plus grand bonheur des touristes, randonneurs et cyclistes. Boissons fraîches, glaces et produits locaux (charcuteries, fromages et viandes de la vallée) sous un grand barnum. Votre servante ne résiste pas au plaisir de savourer gigot d'agneau, frites et salade...

Imohtep, le scribe des mardis de L'ACCUEIL

Date de dernière mise à jour : 23/06/2026