LE GOUFFRE ET RU D'ENFER

Mardi 7 juillet 2026

Une boucle en vallée du Lys : Cascades et fraîcheur
des bois en cette période de forte chaleur !

Le Gouffre d’Enfer (1350m) et extension facultative au Ru d’Enfer (1578m)  

Dénivelé +350 / 550m

                             

                                           Départ 9h au parking des Bourdalès, 1130m, près de la centrale et de la cascade du Lys. Le cirque des Crabioules barre l’horizon, et elle s'annonce plutôt pentue, la montée au dessus de la cascade…  Groupe scindé en 2 vagues selon le choix de monter ou non au Ru d'Enfer.

                                            

                                            Un pont pour passer en rive droite du Lys, même départ pour les lacs Vert et Bleu et le Maupas n°40 et le gouffre d’Enfer n°42. Très vite, la sente lance ses lacets à l’assaut des bois… Sortie ensuite sur la vaste prairie de L’Artigue et son poteau indicateur : en avant donc sur le n° 42, où caracole bientôt le torrent d’Houradade enjambé par une passerelle en fer. La sente prend alors le flanc, descendant ou remontant doucement.  Et à 11h 15, sacs à terre et pique-nique pour la vague b) près de la cascade déchaînée du Gouffre d’Enfer, 1350m. Quelques minutes pour descendre un escalier de pierres jusqu'à un promontoire qui surplombe la chute bouillonnante du ruisseau d’Enfer, enserrée dans une faille de verdure. Une belle arche de pierre l’enjambe un peu plus haut. Vue sur la vallée et la crête herbeuse qui file de Superbagnères vers le pic de Céciré. 

               La vague a) est passée au gouffre à 10h45 : les lacets escaladent encore les pentes boisées, pour s’apaiser enfin face à une falaise entaillée d’un passage étroit où se précipite le ruisseau d’Enfer, qui folâtre aussitôt sur un replat entre les cailloux. C’est le Ru d’Enfer, 1578m, une heure après.  Incroyable, il fait frisquet à l'ombre, certains s'installent au soleil ! C'était vraiment LA journée pour cette randonnée... Pique-nique à midi et quart, avant de redescendre au gouffre pour finir le retour avec les copains. Arrivée aux voitures : 15h17

               Retour groupé donc à 14h, en boucle par le sentier n°43, aux lacets plus raides et caillouteux que son collègue de montée n°42 ! On y rencontre parfois des touristes mal chaussés, suant et soufflant, partis après le repas pour le gouffre, présenté comme "une promenade pour tous", par les Sentiers d’Emilie !... Un petit coup d'oeil enfin à la cascade d'Enfer (dont hélas un panneau interdit l'accès...) près de l'usine hydroélectrique du Portillon et en route pour Luchon et le pot à la guinguette du Badech, où la chaleur nous tombe dessus...

Et un peu d'hydroélectricité pour finir !

               La vallée du Lys/ Lis, longue d'à peine 2km, s’enroule au pied d'un sommet du même nom, le Mail du Lys/Lis, 2234m. Un nom venu probablement du mot gascon "Lits / avalanches" qui dévalaient en hiver des hauts sommets environnants : Petit et Grand Quayrat, Lézat, Crabioules, Maupas, Boum, Barat..., les seigneurs du Luchonnais frisent ou dépassent les 3000m...

                              Lys, c’est aussi le nom du torrent formé au fond de cette petite vallée, à la centrale hydroélectrique du Portillon, alimentée par le barrage du Portillon à 2 566 m d'altitude par les eaux qui déboulent de la crête frontalière hérissée de ces pics. De quoi alimenter cette centrale mise en service en 1941 !  L'eau des lacs d'altitude est pompée et acheminée jusqu'à la centrale par une conduite forcée (1420m de chute, la plus haute de France).  Ce sont des hélicoptères qui assurent aujourd'hui le transport du matériel effectué jusqu'en 2009 par un téléphérique puis un funiculaire dont on aperçoit encore le rail à droite de la centrale.

                              Des réserves d'eau retenues par des barrages sont créées en montagne au XIX°s pour satisfaire les besoins en énergie du chemin de fer. Chantiers colossaux... En 1864 fut mis en service le premier barrage des Pyrénées, celui d'Orédon sur la commune d'Aragnouet, pour réguler et augmenter le débit du canal de la Neste dans les Hautes-Pyrénées. Les Pyrénées furent parmi les régions françaises pionnières en matière d'hydroélectricité. Le barrage du Portillon (31) à 2 566 m d'altitude est le plus haut perché, celui de Laparan (09) le plus grand avec une paroi de 106 m de haut, celui de Lanoux (66) le plus gros avec 70 millions de m3 et celui d'Olhadoko (64), le plus récent (1996). 

                              Le père de l'hydroélectricité est un ingénieur ariégeois, Aristide Bergès, qui réussit le premier à faire fonctionner une turbine par la seule force de l'eau. Fils d'un fabricant de papier, né à Lorp-Sentaraille à l'entrée de Saint-Girons en 1833, il pressentit la force prodigieuse de l’eau des montagnes et inventa ainsi qu'il appela lui-même par métaphore "la houille blanche". Il repose depuis 1904 au cimetière de Terre-Cabade à Toulouse, dans un tombeau monumental à l’allure de temple grec érigé en signe de reconnaissance par la corporation papetière française. Au passage, Terre-Cabade, c’est le plus grand cimetière de Toulouse (33 ha aujourd’hui). Personnalités célèbres des XIX° et XX°s, poètes, notables, artistes, industriels, héros de la Résistance, y racontent l’Histoire de Toulouse… Visite guidée passionnante effectuée en 2017 lors d'une virée patrimoniale organisée par la FFRP...                                                           

Imohtep, le scribe des mardis de L’ACCUEIL

Date de dernière mise à jour : 16/07/2026