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LES LACS DE BACIVER ET ROSARIO
mardi 21 juillet 2026
Estanys Baish de Baciver (2131m) et Rosario de Baciver (2340m) en option
dénivelé +340/+ 550m
La fraîcheur, il faut aller la chercher en altitude, par ces temps de forte chaleur ! En route donc pour l’Espagne et les estanys de Baciver- Rosario.
Grand ciel bleu sur la station de ski de Baqueira-Beret au parking d’Orri, 1850m. Départ à 9h30, en deux vagues selon l'objectif de chacun car cette randonnée est plutôt raide et caillouteuse... Les uns monteront jusqu'aux lacs Rosario (2340m), les autres comptent s'arrêter au premier lac, le Baish de Baciver (2131m). Ceci afin que chaque groupe monte à sa convenance, puisse pique-niquer sur les rives d'un lac aux environs de midi et que la jonction se fasse vers 14h au Baish de Baciver pour redescendre tous ensemble sur Orri. Programmation réussie.
Une sente cairnée monte d'abord gentiment dans l'herbe rase avant de redescendre frôler le Rio Malo, le torrent échappé justement de nos deux lacs, qui récupère tous les rios du cirque de Rosario. Elle se met ensuite à grimper entre pierres et pins à crochets, traverse un chaos de gros rochers assez difficile à passer. Au bout, vous levez les yeux et ... la pente visiblement se raidit ! C'est le verrou du premier lac, rébarbatif et hérissé de rochers jusqu'à une trouée dans les pins tout là-haut... Quelques lacets bien serrés qui viennent frôler le torrent, l'ombre des pins à crochets ici et là et les hampes de fleurs rose vif des épilobes. Un verrou assez rude mais somme toute pas très long, qui vous hisse à 2131m sur la petite digue du lac Baish de Baciver. Un arbre mort du plus bel effet dresse depuis des années sa carcasse torturée près de la berge, une belle sculpture qui disparaîtra une année ou l'autre...
Les uns y passent à 10 h 45 et continuent : terre et cailloux, la sente monte fermement en rive droite du lac, qu'elle domine bientôt. 200m plus haut, au bout d’un goulet, deux laquets marquent l’entrée d’un vaste cirque minéral, 2320m, que ferment au loin les crêtes escarpées des pics de Baciver, dera LLança, Rosari et Marimanha. Deux grands lacs, les Rosari de Baciver, s’étirent sur l’herbe rase, la troupe y pique-nique à 12h15. Plus un arbre, et elle est la bienvenue, la petite brise qui rafraîchit l'air ! Descente en boucle une heure après pour retrouver les copains sur le chemin du retour.
Lesquels copains se sont arrêtés vers 11h30 au lac de Baciver et l'ont longé un peu, le temps de trouver l'endroit idéal pour le pique-nique, sur la rive et à l'ombre d'un pin. Parfait pour lézarder et délasser les pieds dans l'eau fraîche ! Si les Rosarios s'étendent dans un immense décor minéral, la pente boisée et abrupte du Cap de Vaqueira enserre en rive gauche le Baish de Baciver et colore ses eaux d'un bleu-vert profond.
Jonction donc vers 14h et descente ensemble, en boucle par une piste empruntée l'hiver par les skieurs.
Il est 15h40, cap sur une cerveza conviviale, ô combien appréciée !...
Et un peu de géographie pour terminer !
Du Pla de Beret, 1800m, ligne de partage des eaux méditerranéennes et atlantiques, dévalent deux torrents : à l'est vers Esterri d'Àneu la Noguera Pallaresa, et l'ouest vers Vielha le rio Garona. La Garonne naîtrait au Pla de Beret ?... Pour les Aranais, là est sa source, l'Uelh dera Garona, un trou d'où jaillit d'eau à l'entrée du Pla de Beret !
Or la source officielle de la Garonne est ailleurs, c'est établi : c'est un torrent qui dévale du massif de la Maladeta, disparaît en plongeant dans un gouffre situé à 2 090 m d'altitude (gouffre d'environ 70m de diamètre et 40m de profondeur), le Forau de Aigualluts, communément appelé Le Trou du Toro.
Dès 1787, le premier pyrénéiste historique, Ramond de Carbonnières, émit l'hypothèse que ce torrent qui s'engouffrait sous terre pouvait être "l'une" des sources de la Garonne, et filer donc vers l'Atlantique. Cette thèse fut ensuite combattue avec ardeur mais, en 1931, le spéléologue Norbert Casteret a établi la justesse de l'idée de Ramond : il a déversé dans le gouffre du Toro (frauduleusement, en évitant d'être repéré par les carabiniers espagnols...) six barils de fluorescéine, un colorant puissant. Quelques heures plus tard, les eaux qui jaillissaient au Val d'Aran après un parcours souterrain de 3,6 km, de l'autre côté de la crête séparant l'Aragon de la Catalogne, avaient la couleur caractéristique vert fluo du colorant ! Résurgence officielle donc au lieu-dit "Uell de Joeu/ Œil de Jupiter", dans la vallée d'Artiga de Lin, près de Bossost !
Preuve faite : le rio Garona né au Pla de Beret à 1800m est certes un affluent de la Garonne, mais le torrent en résurgence à Artiga de Lin, né sur les pentes de la Maladeta et émanant donc d'une altitude supérieure, 2091m, ce qui est la règle en géographie, est la source de la Garonne.
IMOHTEP, le scribe des mardis de L’Accueil.
Date de dernière mise à jour : 23/08/2026