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PIC DE CABANATOUS
Mardi 28/07/2026
Le Pic de Cabanatous, 2053m, au dessus d'Aulus-les-Bains en Ariège
Dénivelé + 650m sur 8,5km A/R
Grand ciel bleu à 9h au parking de Coumebière dans le col d’Agnes, après Aulus-Les-Bains, 1399m, une vaste prairie qui servait autrefois de camp de base pour le départ en estives. Cap au sud-est sur le GR10, que l'on quitte bientôt pour suivre le balisage de l’étang de Labant. Et on jette un œil sur le Valier, Guzet-Neige, le Bouirex, Cournudère et Cagire à l’horizon. La sente quitte ensuite les pelouses pour une courte mais bonne grimpette en forêt ; une vieille pancarte signale la présence d'une ancienne mine de plomb argentifère. Un flanc de myrtilliers ensuite jusqu’au petit étang de Labant, 1597m (tout vert car niché dans la verdure...), où prospèrent les plantes aquatiques. Il est 9h40.
Encore une courte grimpette boisée et vous voilà à la cote 1648m, un beau belvédère notamment sur Aulus-Les-Bains et la vallée du Garbet, un torrent de 25 km qui prend sa source dans l'étang du même nom pas très loin d'ici et se jette dans le Salat à Oust.
D'abord douce, en crête et donc en balcon, la sente devient ensuite raide et malaisée car caillouteuse et ravinée... Arrivée au col de Las Fouzès, 1944 m, à 11h20. Ouf, le plus dur est fait ! Un large col herbeux bien dégagé et une vue superbe : le bleu des étangs de Bassiès en enfilade 300m plus bas sur près de 2 km, le plateau de Beille, des pics à l’infini sur un ciel pur, l’Andorre à 15km de vol pour les vautours … Et un très bel "orri", un abri de berger en pierre sèches.
La croupe du pic de Cabanatous, 2053m, vous tend les bras sur votre gauche, en quittant le balisage (qui file lui vers le col de Bassiès et vous ramènerait en boucle au parking par le Port de Saleix). Une ultime grimpette mais la sente de terre progresse facilement dans les pelouses ! Point culminant de la journée et panorama superbe à 360°. Au premier plan, les étangs de Bassiès, la Pique Rouge de Bassiès, le Pic de Belcaire, et plus éloignés le Mont Valier, le Pic des Trois Seigneurs... Pique-nique donc là-haut à midi.
Descente et retour par le même itinéraire à 13h, parking à 15h45, avec une bouclette entre l'étang de Labant et le GR10. Il fait chaud, vive le pot à Aulus tout proche !
Et un peu d'Histoire bien sûr pour terminer !
Pot donc à Aulus-les-Bains, 150 habitants aujourd’hui, 900 à la moitié du XIX°s… Un premier établissement thermal y est créé en 1829, où l’on soigne notamment le cholestérol, les premiers curistes ayant été accueillis à coups de fourche par les habitants, dit-on ! Outre l’exploitation de mines de plomb argentifère, l’activité thermale en a fait un bourg prospère desservi par la ligne de chemin de fer Oust-Aulus de 1914 à 1936 (dont il reste aujourd’hui la route des tunnels entre Lacourt et Kercabanac), avec casino et journaux locaux, « Aulus Mondain » ou « L’Avenir d’Aulus ».
En 1941 et 1942, 585 juifs ont été assignées à résidence à Aulus, l’occupant estimant que la barrière naturelle des Pyrénées formerait la plus efficace des prisons. C’était compter sans les Passeurs ! L'un d'eux est devenu célèbre, la bergère Jeanne Rogalle, morte à 94 ans en 2015, qui a reçu la Légion d’Honneur et le titre de « Juste parmi les Nations » ainsi que son père et son mari, rencontré justement sur un sentier de passage : leurs noms sont gravés dans le jardin des Justes, à Jérusalem.
Les mines de plomb argentifère et de zinc d’Aulus-les-Bains constituent l’un des plus remarquables ensembles miniers médiévaux des Pyrénées. Leur histoire se déploie sur près de sept siècles, entre exploitation, abandon et réouvertures successives. Apogée entre 1320 et 1340. Elles appartiennent alors au vicomte de Couserans, Roger de Comminges, mobilisent mille personnes, chiffre considérable à l’époque, et rapportent jusqu’à 30 000 livres tournois par an, soit environ 1,2 tonne d’argent. Une querelle éclate lorsque le vicomte tente d’imposer un droit de seigneuriage sur la production : les mineurs se plaignent au roi de France, et la justice royale confisque les revenus du seigneur pendant plusieurs années.
L’exploitation s’interrompt vers 1350, probablement à cause d’un conflit entre le Couserans et la province Catalane du Pallars, Un raid Catalan aurait détruit les installations...
Tentatives de relance au XVIII°s : à partir de 1770, le seigneur d’Ercé fait connaître les mines d’Aulus à des investisseurs parisiens. Les travaux reprennent mais les résultats économiques déçoivent et l’exploitation cesse peu après.
Renouveau industriel au XIX°s : résultats médiocres, abandons et reprises, avant fermeture définitive au début du XX°s.
Les vestiges, puits, meules, fours, scories, ruines du Castel-Minier, demeurent en place et sont en partie encore visibles de nos jours.
Imohtep, le scribe des mardis de L’ACCUEIL.
51 Pic de Cabanatous
Date de dernière mise à jour : 23/08/2026