LAC D'AYGUE ROUYE ET D'OEUF

Mardi 1° septembre 2026

Vallée de Campan : lac d'Aygue Rouye (1600m), Pas de la Crabe (1963m)  en option.

Dénivelé +450 / +750 m

                        Grand ciel bleu.  Direction Bagnères-de-Bigorre puis Sainte-Marie-de-Campan et montée vers le col de la Courade par le hameau du Peyras, un ensemble de granges rénovées. Regroupées  sur les flancs de la vallée, elles étaient utilisées en période d'estives (du latin aestivum/relatif à l'été). Parking 9h, 1190m, un peu avant le sommet du col, là où part une piste marquée d'un balisage jaune «Lac d‘Aygue Rouye 1h30 ». Comptez-en plutôt deux…

Scindée en deux vagues selon l'objectif choisi, lac ou Pas de la Crabe, la troupe  s’engage sur cette piste  qui dessert les granges d’estives  du Peyras, En bas, sous le Monné, la vallée, Bagnères de Bigorre et Campan, plus haut le Courtaou d’Ordincède perché à flanc de montagne.  Un quart d’heure après, il faut quitter cette piste  pour suivre à droite une sente qui s’en va très doucement, bordée de fougères, pour passer bientôt sous la Croix du Peyras et remonter par le flanc droit le vallon du ruisseau d’Arrimoula. Beaucoup de fougères, véritables nids à tiques, mais pas de risque ici car la sente est bien dégagée de chaque côté.

Encore un bon quart d’heure en douceur, et l’antenne du Pic du Midi surgit soudain dans le bleu du ciel. La sente s’affole alors, et grimpe en lacets où se mêlent terre et rochers pour gagner rapidement 150m de dénivelé ! Elle s’assagit ensuite, Pic du Midi en point de mire jusqu'au lac, et monte régulièrement jusqu'au verrou, un petit verrou tranquille et voilà le lac d'Aygue Rouye,  1610m. Un petit lac d'1ha environ, agrémenté de deux jolis îlots mais où se développent les algues au fil des ans... Sur la rive se dresse une très belle  cabane rénovée, toit et murs de pierres pour deux corps de bâtiments réunis par une petite cour, l'un  sans doute réservé autrefois  au berger, l'autre aux bêtes. 

               10h55: la première vague  passe près du lac et attaque l'extension vers l'est, longue et rude puisque il y a 350m de dénivelé positif supplémentaire sur seulement 1 km !   C'est dire que ça  va grimper jusqu'au Pas de la Crabe (1963m) / col de la Chèvre, le bien nommé en gascon …. Midi et quart près de la rive du petit lac de l'œuf, pleins feux sur le Pic du Midi tout proche, Tarbes dans la plaine. Pique-nique sur place, en amorçant légèrement le retour pour avoir un œil sur les copains ! Tous préfèrent se rejoindre pour la pique-nique mais vu l'extension d'aujourd'hui, c'était impossible.     

Lesquels copains ont atteint la rive du lac vers 11h15 et pris un peu d'altitude sur une demi-heure pour aller pique-niquer en surplomb du lac,  bien plus beau vu d'en haut ! La vue embrasse à la fois le lac, le vallon de montée où l’on a serpenté, le Pic du Midi, les crêtes qui filent à la Hount-Blanque, Ordincède, le Casque du Lhéris et  le Signal de Bassia, sommets où nous avons un mardi  ou l’autre hissé nos godillots !

Réunion de la troupe vers 14h et retour groupé  au parking à 16h.  OUF…

Et un peu d'Histoire pour finir!

                        Au village de Campan, c'est une tradition dans la vallée, vous accueillent  les "mounaques", de grandes et belles poupées de chiffon,  disposées l'été sur les trottoirs et les balcons : elles étaient exhibées autrefois lors de certains mariages jugés mal assortis, un vieux barbon épousant une jeune fille, un veuf ou une veuve se remariant trop vite après le décès du premier conjoint,  une fille-mère trouvant un époux, un jeune d’ailleurs « s’en venant gendre » à Campan en épousant une  fille  convoitée par les jeunes du village… Le couple, représenté sous forme de deux poupées, les Mounaques (de l'occitan mouneco/poupée) était bruyamment chahuté par la jeunesse du village, cloches de vaches au cou. Ce tintamarre, un boucan à donner la migraine,  c’était le charivari, du grec karêbarein/ avoir la  tête lourde. Et il durait jusqu’à ce que le couple ouvre les cordons de la bourse et donne aux jeunes de quoi faire la fête ! Il ne restait donc qu’à s’exécuter avec largesse, et au plus vite…

                              Les granges d'estives sont souvent regroupées en hameaux, "les courtaous", nombreux en vallée de Campan. Situés entre 1000 et 1500 m d'altitude, ils hébergent paysans et bêtes en estives durant l'été. Bâtie  en pierres sèches aux XVIII° et XIX°s., chaque grange, contiguë  à un enclos et une étable, était affectée à une famille qui devait en assurer l'entretien, tous les usagers du courtaou s'occupant  en commun de l'aménagement des lieux,  des chemins d'accès et des dispositifs (rigoles, leytés ou puits à glace) destinés à la conservation du lait et de la crème en vue de la fabrication du beurre, l'une des richesses de la vallée avec la laine et le bois.

Imohtep, le scribe des mardis de L’ACCUEIL

Date de dernière mise à jour : 07/09/2026