LAC DE L'OULE ET DE BASTAN INFERIEUR

Mardi 25 août 2026
Lacs de l'Oule (1829m) et de Bastan Inférieur en option (2150m)

Dénivelé +400/600m

                                                            Le nouveau parking d'Artigusse, 1630m, sur la route des lacs du Néouvielle après Saint-Lary-Soulan, est agrémenté depuis 2019 d'un horodateur, la route étant ainsi libérée d'un stationnement anarchique ; en prime surveillance par caméras, toilettes sèches, ramassage des détritus. Installations qui ne gênent manifestement pas les marmottes !  Ticket au pare-brise et départ à 9h25. Deux vagues de randonneurs selon l'option choisie.

                              Sente en descente d'une quarantaine de mètres pour rejoindre la piste qui monte en douceur dans les pins sylvestres jusqu'au barrage du lac de l'Oule, 1829m, annoncé à 1H30 de marche. Barrage atteint à 10h30 pour les uns, 11h pour les autres. Grand et beau refuge en rive gauche. On va longer paisiblement la rive droite sur environ 2 km, jusqu'à la cabane de la Lude, située à sa pointe amont, près de l'arche de pierre qui enjambe le ruisseau de Port-Bielh, dont il ne reste qu'un maigre filet d'eau dans un amas de pierres : il n'est pas au mieux de sa forme,  ce vaste  lac… Nous  sommes certes en fin d'été mais la sécheresse de cette année et des travaux en cours (renforcement de l'étanchéité du barrage, d'où un va-et-vient d'hélicoptères) ont dû nécessiter de nombreux lâchers, notamment pour irriguer le Gers…. Un peu tristounet donc, ce  niveau d'eau très bas… Maigre lot de consolation, les grandes et belles arabesques dessinées sur le limon et le sable des berges habituellement immergées…

                              Nos deux vagues de randonneurs poursuivent un peu plus haut à l'est du lac, à flanc de la crête de Graoulès Blanquès en suivant le GR10 (qui arrive du lac d'Aumar) pour surplomber le lac en prenant  un peu d'altitude. Montée assez pentue… Les uns s'en vont pique-niquer au déversoir du lac inférieur de Bastan, 2150m, vers 12h45, les autres 200m plus bas, vers midi, cote 1951 sur la carte.  

                              Et la troupe se réunira dans la descente, en suivant cette fois la rive gauche du lac de l'Oule. Un petit coup d'oeil à la cascade du Merlans près du confortable refuge-auberge de l'Oule et descente sous le barrage pour rattraper la piste de montée. Parking à  vers 16h30 et pot à Saint-Lary.

              

               Quelques mots pour finir sur l'activité humaine qui a entraîné l'aménagement  de ces sentiers de montagne. 

                              A quoi servent  donc ce ratelier et ce grand escalier de béton qui dévale jusqu'en bas du barrage du lac de L'Oule ? C'est le nouvel l'évacuateur de crues construit en 2016-17 pour respecter la nouvelle réglementation de sécurité des barrages : pour le  lac de l'Oule, le débit à absorber par le système passe de 10m3/s (crue centennale) à 100m3/s (crue millénnale). L'ensemble se compose d'un déversoir en acier inoxydable en forme de touches de piano en haut du barrage (acier plus facile à monter là-haut que des éléments en béton) et d'un escalier, dit "descenderie" des eaux, sur 200m et 109 marches jusqu'au bas du barrage. Ce système déversant fonctionne en autonomie complète, sans besoin d'énergie électrique ni de manipulation humaine en cas de montée rapide des eaux. La capacité d’évacuation du barrage se trouve ainsi multipliée par 7, sans rehausser la retenue et sans augmenter l’emprise au sol. Les Ecologistes ont eu leur  mot à dire, notamment avec la replantation des  sapins arrachés lors de travaux.

                              Le lac de l'Oule, 51ha, 60m de profondeur, c'est un lac artificiel alimenté par un canal souterrain provenant du lac d'Orédon, et plus modestement par les ruisseaux de Bastan, Port Beilh, Estibère et Merlans. Entre 1914 et 1922, la Compagnie des Chemins de Fer du Midi  construit ce barrage et en juin 1929, elle crée la Société Hydroélectrique du Midi (SHEM) qui devient l'acteur historique du démarrage de l'hydroélectricité dans les Pyrénées.

                              C'est en 1864 que le premier barrage des Pyrénées, celui d'Orédon tout proche, fut mis en service pour réguler et augmenter le débit du canal de la Neste dans les Hautes-Pyrénées. Le besoin d'eau pour l'irrigation du Gers et l'alimentation des Chemins de Fer du Midi nécessitait  l'augmentation et la régularisation du  débit du canal de la Neste : dès 1907, est réalisée une étude d'implantation de l'usine d'Eget-Cité près d'Aragnouet. Les eaux sont turbinées  en bas à la centrale d'Eget-Cité, 1016m, au terme d'une conduite forcée, la plus haute chute d'Europe en 1918, formée de 7 conduites forcées d'une longueur de 1250 m et d'une hauteur de 750 mètres pour actionner 7 turbines commandées aux USA. Le cargo qui transportait  l'un de ces groupes fut d'ailleurs coulé par un sous-marin allemand. L'usine fonctionna donc avec six groupes, le septième étant placé à son arrivée en position de réserve. Ce n'est qu'en 1926 qu'elle put fonctionner à plein régime.

               D'énormes travaux ont débuté en 2018 à l’usine d'Eget-Cité, le remplacement des 7 conduites forcées centenaires de 56 cm de diamètre par une seule conduite de 1,10m de diamètre, avec des turbines de nouvelle génération.

                              C'est un Ariégeois, Aristide Bergès, fils d'un fabricant de papier, né à l'entrée de St-Girons  en 1833 qui réussit le premier à faire fonctionner une turbine par la seule force de l'eau et inventa ainsi ce qu'il appellera lui-même "la houille blanche".

IMOHTEP, le scribe des mardis de L'ACCUEIL.

Date de dernière mise à jour : 30/08/2026