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PIC DE CAGIRE
Mardi 29-09-26
Le PIC DE CAGIRE, 1912m, depuis le col de Menté, 1346m.
Dénivelé cumulé +750m sur 11km
Départ 9h au col de Menté, 1346m. Le nom Cagire intrigue depuis longtemps. Plusieurs hypothèses existent : il viendrait du gascon cadir, qui signifie chaise ou siège, en référence à sa silhouette massive qui domine le Comminges comme un trône naturel. D’autres rapprochent le mot d’une racine proto-basque kar, ancêtre du gascon, qui désigne une hauteur rocheuse... Quoi qu’il en soit, il est ancré dans la mémoire collective : le Cagire, c’est la montagne des Commingeois ! Si les puristes l'attaquent depuis le parking de La Couage au dessus de Juzet-d'Izaut, 967m, avec un rude dénivelé positif de 1000m et pratiquement tout en forêt sans aucune compensation panoramique, mieux vaut pour les randonneurs plus modestes l'attaquer par le col de Menté, 1349m, sur les pelouses de son flanc sud : la vue va s'élargissant, la pente et le dénivelé sont moindres et l'on peut s'arrêter au col du Pas de l'Âne.
] 9h donc ce matin au col de Menté, sur la route forestière du Soulan qui descend d’abord en douceur de 70m (à remonter donc au retour… soit 140m à ajouter aux 570 de point à point)…
10h à la Cabane du Larreix, 1470m, près de celle du berger, une maison plutôt ! Il est là d'ailleurs avec ses brebis. Courte pause près d’une belle fontaine avant de lancer l'assaut car le Cagire se mérite, même par ce flanc sud où le panorama va s’élargissant ! Le voilà d'ailleurs, qui étire sa longue crête au dessus des vos têtes.
Une heure de solide grimpette sur des lacets caillouteux et raides jusqu'au col du Pas de L’Âne, 1708m. Certains choisissent de s'y arrêter (Dénivelé cumulé de 500m), face à un large panorama déjà : Mourtis, Puech, Herbe Soulette, replat de Barestet, Crabère, Calabasse, Maladeta, Escalette…
Les autres continuent en crête (en deux vagues de rythme différent) avec une autre solide grimpette, le sommet de Pique-Poque et son antenne-relais, 1898m. Ouf, le reste se fait heureusement en pelouse sur une sente facile qui descend sur le col herbeux du Cagire, 1847m, pour rejoindre en douceur (second cumul) le cairn du Cagire, 1912m. Il passe presque inaperçu, le petit oratoire de la Vierge creusé dans le rocher au dessus du sentier, peu avant le gouffre où plongent les chocards qui y nichent. La première fois où on en voit un de loin se précipiter à toute vitesse vers le sol en ignorant la présence du gouffre, on pense toujours qu’il va s’écraser !
Les premiers arrivés, vers midi, seront rejoints par la seconde vague une bonne trentaine de minutes après pour partager le pique-nique, ô combien mérité, sur un superbe belvédère : au nord, l’infini de la plaine et ses villages ; au sud, la vue embrasse un horizon de sommets, de l’Ariège aux Hautes Pyrénées : Valier, Crabère, Maladeta, Maupas, Arbizon, Pic du Midi, falaises de Barroudes, Pic de Bastan, Néouvielle, pour ne citer qu’eux…
Descente en boucle à 13h35 par les pelouses depuis le col du Cagire en passant par le Mail du Cassé, sur une sente bien marquée et balisée (qui évite la remontée à Pique-Poque et la descente raide du Pas de l Âne) ; pentu certes mais plus aisé. Parking à 16h10 et pot immédiat à l'auberge La Soulan !
Et quelques mots sur le Cagire et sa croix, pour terminer !
La Croix de Cagire, il faut y descendre de quelques mètres, car elle est plantée sur un socle de béton un peu plus bas face à la plaine, afin d’être visible des habitants de Juzet-d’Izaut qui l’ont édifiée en 1935. Deux croix de bois, disparues, y furent plantées en 1785 et 1876, pour protéger sans doute bergers et troupeaux. Messe inaugurale le 24 septembre 1935, en présence de 400 personnes malgré le froid et la brume ! On n’avait hélas prévu que 312 edelweiss pour décorer les participants !
Le 19 septembre, sur le socle de béton de deux mètres de haut, bâti auparavant par des maçons de Juzet, est fixée la croix de fer ouvragé, portée par six porteurs qui se relaient, habitants de Juzet eux aussi.
Le 24 à 7h du matin, au son des cloches lancées à toute volée, les villageois encadrés de bénévoles entreprennent la montée pour monter entendre la première messe célébrée au Cagire. "Il y a des enfants de 10 ans et des vieillards de 72 ans (sic…)."
Et aujourd'hui encore, le 16 juillet de chaque année, une messe réunit à la croix du Cagire croyants et randonneurs. Que l'on ait ou non la foi, s'y exprime un cheminement personnel pour comprendre le sens d'une vie humaine : soutanes blanches déployées par la brise sur le bleu du ciel, fraternité entre gens de montagne, repas partagé dans la beauté de la Terre…
IMOHTEP, le scribe des mardis de L’ACCUEIL.
Date de dernière mise à jour : 05/10/2026