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POUY USCLAT
Mardi 15 septembre 2026
Le Pouy Usclat, 1755m, à partir du Port de Balès, 1755m.
12/11km A/R pour un dénivelé + cumulé de 480/380m. Si si, vous avez bien lu : 1755-1755≠0
Au Port de Balès, 1755m, les randonneurs ont le choix entre plusieurs crêtes herbeuses, Antenac, Mont-Né, Pic du Lion, Templa et Montagne d'Areng notamment, autant de belvédères superbes parsemés de vaches paisibles… Ils vont suivre aujourd’hui celle qui s'étire sud-nord, du Pouy Pradaus au Pouy Usclat, redescend ensuite en se boisant, remonte sur la falaise du Pic de Mont-Las et plonge enfin sur le village de Ferrère. Un long et somptueux belvédère où défilent les sommets de la Barousse, du Nistos et du Luchonnais. Et comme beaucoup de longues crêtes, elle mamelonne gaiement, de montée en descente ! D’où un dénivelé certain, même si de point à point il est quasiment égal à zéro !
Les uns partent d'un pas un peu plus vigoureux pour s'offrir en prime le Pouy Pradaus et le Mail de Compiens alors que les autres choisissent garder la piste pour les contourner par le flanc et se retrouver ensemble au sommet du Pouy Usclat à midi après une raide mais courte grimpette sur le cône pentu de ce belvédère.
Certains se souviennent qu'il y a un an, ils ont marché ici dans un épais brouillard (aucun risque de se perdre sur une piste), sans rien voir du panorama somptueux qui s'offre aujourd'hui sur le bleu du ciel…
La vue embrasse le Port de Balès qui s’étire tout là-bas en avant scène sur les sommets du Luchonnais et la Maladeta ! Au nord, les villages de la vallée de la Barousse, la falaise de Troubat et l’infini de la plaine, les crêtes de la Barousse et de Nistos à l’ouest, celles du Comminges à l’est, tiens, voilà le Cagire et le Gar...
Pique nique un peu en contrebas du sommet, à l'ombre du seul arbre du coin, car il fait encore chaud en cette mi-septembre !
Retour groupé par la piste à 13h30. Mieux vaut pour les plus alertes renoncer à monter et redescendre les mamelons de l'aller : il est médicalement déconseillé de dépenser de l'énergie pendant la digestion, surtout quand le soleil tape ! En effet, le travail de digestion demande au corps un effort métabolique important et l'afflux sanguin est dirigé vers l'estomac et les intestins pour traiter les aliments, ce qui réduit temporairement l'irrigation du cerveau. Ce n'est pas une blague ! Et c'est aussi l'explication de la "somnolence postprandiale ", la sensation de fatigue qui peut survenir après le repas : il suffit de se souvenir de nos grands-pères, les paysans d'autrefois qui dormaient un peu après le repas de midi, tête penchée sur la table, avant de repartir aux champs ! Temps de récupération pendant lequel les femmes, sans doute plus résistantes, faisaient la vaisselle…
Parking à 15h30 et en route pour le pot au bar "Chez Jules" à Montréjeau, à l'ombre des arceaux de la place Valentin Abeille, un établissement sympathique !
Et un peu d'Histoire pour finir !
Dans les temps anciens, l'actuel col du Port de Balès était l'un des itinéraires de passage utilisé par les pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle partis de Saint Bertrand de Comminges et rejoignant l'Hospice de Rioumajou en vallée d'Aure pour passer en Espagne par le Port d'Ourdissetou.
L'un des "Chemins de la Liberté" passait aussi ici pendant la Seconde Guerre Mondiale : résistants, pilotes alliés, Juifs ou réfractaires au STO ont gagné l'Espagne pour fuir ou combattre le Nazisme. Ici passa notamment André Bon, un jeune réfractaire au STO, né en 1922 dans la vallée de Nistos. Parti le 27 juillet 1943 avec un passeur et un groupe d'une trentaine de personnes, il parcourt de nuit les sentiers et passe le glacier des Gourds Blancs à 3 000 m d'altitude. Arrêté et interné par les carabiniers espagnols, il est libéré, pris en charge par la Croix Rouge et acheminé au Maroc où il intègre les Force Alliées pour continuer le combat en France. Il reprit ensuite son travail de maçon tout en pratiquant sa passion, le vélo, jusqu'à 94 ans.
Au début des années 1980, des pistes forestières furent ouvertes au-dessus de Ferrère, dont une jusqu'au Port de Balès et au Cap de Pouy Pradaus pour desservir les estives. Quelques années plus tard, une autre fut construite au départ de Bourg d'Oueil et poursuivie jusqu'au col de Pierrefite qui donne accès à la vallée d'Aure et du Louron. Cette piste entre les deux vallées de Barousse et d'Oueil fut ensuite goudronnée et officiellement inaugurée fin juillet 2006, pour permettre le premier passage du Tour de France en 2007.
IMOHTEP, le scribe des mardis de L’ACCUEIL.
Date de dernière mise à jour : 21/09/2026