AU COL DU HÔ

 

Mardi 6 octobre 2026

"Le chemin des palombières"

De Saint-Pé-d'Ardet au  Col du Hô en boucle, 941m
(point haut 1014m) : Dénivelé +450m

extension A-R  en option à 1100m : Dénivelé +200m

                                                           Grisaille annoncée, inutile d'envisager de grandes envolées... En fait, le ciel ne se couvrira et ne lâchera quelques gouttes de pluie  que vers 15h.

                                                           9h10 : départ donc ensoleillé de Saint-Pé-d'Ardet, 590m (du nom d'une ancienne divinité pyrénéenne à tête d'ours, Artehe), à l'entrée de la vallée de Luchon. Montée au col des Ares, 799m, en suivant pendant trois quarts d'heure  un tronçon du GR 78, la Voie du Piémont Pyrénéen vers Compostelle, qui s'étire de Carcassonne  à Roncevaux. 

               Avant de traverser le col, la troupe se scinde en deux selon le choix de faire ou non une extension au sud à partir du col du Hô en direction du pic du Gar (histoire seulement de muscler les mollets et d'accroître le dénivelé car l'itinéraire reste boisé…). Si le coeur vous dit, il vous reste 650 m de dénivelé positif  plutôt raide jusqu'à la croix dite du  pic du Gar, 1785m, dressée en fait sur le Pic Saillant... Messe à la croix chaque année le 6 août, la piste de Casseport étant ce jour-là ouverte aux voitures depuis le col des Ares jusqu'à Bardachine, 1247m, ce qui allège le dénivelé.

               D'un pas plus ou moins soutenu selon l'option choisie, commence au col des Ares une montée en forêt, assez raide parfois, tout le long de la crête toujours boisée qui s'élève jusqu'à la cabane Juan Malaut et la cote 1014m : palombières dressées parmi les hêtres. Tapis de feuilles rousses déjà, tant les arbres ont souffert de la sécheresse...

               Descente raide ensuite jusqu'au Col du Hô, 941m.  Il est 11h20, en place pour le  pique-nique et papotage  en attendant le retour d'extension de la première vague, qui tarde un peu car elle a pris le chemin des écoliers…     

               Il est insolite et surprenant ce col, tout comme son nom d'ailleurs : une clairière entourée de bois. Apprécié des chasseurs de palombes car plusieurs postes de tir y sont aménagés, avec estrades surélevées, tables, bancs et chaises à disposition dans une petite cabane ouverte, sans oublier les poches poubelles !

               Quand les arbres ont perdu leurs feuilles, la vue à l'ouest s'ouvre sur les sommets de la Barousse, Mont Né, Montagne d'Areng, Cap Nestès, Mont-Aspet et Douly, (et même le Pic du Midi qui pointe au loin un petit bout d'antenne). Juste le Mont-Aspet aujourd'hui… Vue plongeante à l'est sur les villages de Moncaup et Arguenos, grâce à une fenêtre aménagée pour le tir dans une palombière.

               13h30 : le ciel s'ennuage, descente groupée et pentue, toujours en forêt, sur Antichan-des-Frontignes en trois quarts d'heure. Table d'orientation, "le bastion des Frontignes " offerte par le Touring club de France et inaugurée le 25 juin 1925. Et retour sur le parking à 15h, par le GR86 (Toulouse-Luchon) avec petit cumul positif de 50m. Tiens, quelques gouttes de pluie…

Et un peu d'Histoire, bien sûr !

                              L'entité naturelle dite "Les Frontignes" regroupe  neuf villages, Saint-Pé-d'Ardet, Antichan-de-Frontignes, Frontignan-de-Comminges,  Ore,  Galié, Mont-de-Galié,  Lourde,  Génos  et Malvezie, situés à l'entrée de la vallée de Luchon et adossés au col des Ares.

                              Ces villages deviennent au XIX°s  un centre important de colportage, spécialisé notamment dans la vente de chaussures et  linge de maison. Beaucoup sans doute se sont épuisés en vain  mais certains ont fait fortune jusqu' aux Amériques. Pour rendre manifeste leur réussite, ils ont  fait bâtir de très grandes  maisons avec de beaux  perrons de pierre.

                              Le grand reporter  Albert Londres (1884-1932), fils d'un chaudronnier de Saint-Pé-d'Ardet et petit-fils d'un colporteur de Labarthe-Rivière ("Londres" venant du gascon "Loundrès") fut et reste LA référence du journalisme d'investigation. Reporter intrépide parcourant le globe pour couvrir les événements marquants de son époque, il était profondément humain, soucieux de dénoncer les injustices sociales et les souffrances des plus démunis : "Le journaliste n'est pas là pour faire plaisir, disait-il, mais pour plonger la plume dans la plaie…", antisémitisme en Europe, forçats broyés par le bagne de Cayenne, souffrances liées à la Révolution Russe, inhumanité des asiles psychiatriques, combat de Gandhi et Nehru en Inde au nom de la dignité humaine, règlement et étapes impitoyables imposés aux coureurs du Tour de France, guerre sino-japonaise pour le contrôle de la Corée, anarchie en Chine sous le joug des Seigneurs de la guerre, traite des Blanches qui livre à la prostitution forcée des Européennes... Depuis 1933, le prix Albert Londres reste la récompense d'excellence qui couronne les meilleurs grands reporters francophones.

Imohtep, le scribe des Mardis de L'ACCUEIL

Date de dernière mise à jour : 13/10/2026