LES PRES DE GELES

Mardi 20 octobre 2026

Aspet : les Prés de Gèles et le Plan de la Croix
799m en boucle Dénivelé +400/10km

                                            

                                            Météo à ne pas mettre un chien dehors… Et pourtant Ils sont douze randonneurs à prendre allègrement le départ sous un  crachin tenace et une température plutôt frisquette ! Les Prés de Gèles et  le Plan de la croix, c'est un belvédère sur la crête d'une colline qui s'étire longuement entre Aspet et Sengouagne. Orientée nord sud, elle est parfaite pour une randonnée d'hiver ensoleillée : montée à l'est, descente à l'ouest, crête vers midi et arbres dénudés, on suit le soleil,  Cagire en  point de mire et dentelle de sommets sur l'horizon !

Visibilité nulle aujourd'hui, mais on enfile guêtres et capes de pluie dans la bonne humeur : après un été caniculaire, on vous dira  que  cette brume pénétrante qui noie la campagne dans une  grisaille frisquette a quelque chose de saisissant et agréable… Outre le fait de marcher avec les copains bien sûr !

9h20 au stade d'Aspet, 440m.  Montée d'une heure assez soutenue dans le bois de la Rouère, buis, châtaigniers et chênes qui laissent ensuite place à une vaste prairie verdoyante, Les Prés de Gèles, 657m, où se plaisent les troupeaux. Quelques vieilles granges, les unes rénovées, d'autres en l'état. Autrefois, on trouvait plus simple d'amener les bêtes jusqu'aux prairies de fauche que de descendre le foin au village : on bâtissait donc une grange là-haut, l'étable étant surmontée d'un grenier pour stocker le fourrage  que l'on faisait  tomber par une trappe, directement dans les râteliers.

               Longue traversée en crête ensuite, qui mamelonne en douceur jusqu' au Plan de la Croix, 799m. Ne cherchez pas de croix sur cette éminence, il s'agit seulement d'une croisée de sentiers qui redescendent sur Sengouagnet et Juzet-d'Izaut !  

               Il est 11h20. Crachin toujours et pas un abri… Autant  attaquer le retour dans l'espoir de trouver  une grange pour pique-niquer. En voilà une, délabrée mais ouverte et le toit tient bon… Pique-nique réconfortant  à midi !

               Remise en route dès 13h45 et descente en boucle sur le hameau de Girosp pour regagner le parking à 14h. En route pour le Bar Le Cagire à Aspet et l'accueil chaleureux du patron qui  anime le pot avec des chansons des années 80 Une belle journée revigorante !

Et un peu d'Histoire pour finir !

                                                          

                                            Aspet doit peut-être son nom à la racine proto-basque (ancêtre du gascon)  ezpel / buis. S’étant d’abord appelée Espel, Aspet pourrait aussi venir ensuite du latin asper /raide, rugueux…  L’existence de Seigneurs à Aspet  est attestée dès la fin du XIème siècle, le premier mentionné étant Raymond-At(hon) en 1068. L’un d’eux, Armand-Raymond II, participe en 1190 à la troisième croisade. Un autre noble se fait connaître, Arnaud-Raymond de Coarraze, qui va se battre à Orléans aux côtés de Jeanne d’Arc en 1428. Il l’accompagne également à Reims pour le sacre de Charles VII. Sa fille Catherine est considérée comme l’une des grandes bienfaitrices de la commune. 

               La baronnie d’Aspet vient en importance juste après le comté de Comminges. Son territoire s’étend surtout vers l’est, débordant largement sur les limites du canton actuel, mais ne comprend pas les villages situés au nord, Soueich, Encausse, ni ceux qui sont situés à l’ouest, tels que Juzet et Cazaunous. Elle passe à la maison de Foix, puis à celle d’Albret, dont l'une des représentantes, Jeanne d’Albret, se convertit au protestantisme. Le dernier Seigneur se nomme Henri III de Navarre, futur Henri VI. L’ensemble est ensuite rattaché à la Couronne en 1606.

                              Une plaque apposée sur l’ancienne école, rue Armand Latour, rend hommage à  la Résistance  et aux maquis. En octobre 1943, de jeunes réfractaires au Service du Travail Obligatoire, le STO, ont établi un maquis à Campels sur les hauteurs du col des Ares, entre Arbon et Cazaunous ; il est attaqué le 18 juillet 1944 par les Allemands, deux fermes sont brûlées mais les maquisards ont le temps de se replier sur Herran-Labaderque, au dessus d’Arbas. Le 11 août, nouvelle attaque, à Labaderque cette fois : les Allemands sont entre 1200 et 1500, les maquisards à peine une centaine. On se bat toute la journée, les résistants comptent  quatre morts, les allemands peut-être une soixantaine. Ils se déchaînent alors contre le village, incendient et pillent  Herran, Labaderque et Arbas mais les villageois se sont heureusement cachés dans la montagne… Les 28 habitants massacrés à Marsoulas  par la division SS Das Reich n’ont pas eu cette chance…

IMOHTEP, le scribe des mardis de L’ACCUEIL.

Date de dernière mise à jour : 24/10/2026